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La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 18:11
Toute histoire d’un lourd et morbide secret familial parle bien au fond des démons de l’enfance, d’une malédiction familiale, de fantômes du passé qui hantent le présent, de monstres cachés dans l’ombre, de lutte avec les démons intérieurs, de plongée en enfer

Ces mots, ces expressions, sont employés dans le langage courant au niveau symbolique.
Ce qui rend à mes yeux l’histoire familiale des Winchesters si poignante, c’est le fait ces concepts de l’imaginaire collectif soient concrétisés.

De même que j’avais mis l’accent sur le sens symbolique de la vision délirante de la religion,

Je voudrais ici mettre l’accent sur :
- L’intérêt d’une lecture métaphorique de la malédiction familiale par les démons de l’enfance,
- Car elle parle au fond de l’universelle quête psychologique de l’humain : dépasser notre conditionnement, en cherchant tout d’abord la vérité de notre malédiction familiale, puis en tentant de s’en libérer, pour trouver notre équilibre.


J’ai décomposé cette quête en 3 étapes:
- Intro
- Quête de vérité
- Quête de liberté
- Quête d’équilibre
- Conclusion
- Extrapolation: The Purgatory

Remarques :
L’interprétation que je présente ici est la suite logique de la quête spirituelle (http://www.winchesterslair.com/t7139-la-quete-spirituelle), mais est ne nécessite pas forcement sa lecture préalable, puisque pour moi, ce sont deux axes de lectures miroirs, mais distincts.
J’ai déjà publié dans le forum quelques une de ces phrases, désolée pour les doublons mais je les remets tout de même car elles s’inscrivent ici dans une réflexion plus globale.

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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 18:28
Quête de vérité

“I have a mind of my own. I’m not pathetic like you!”

Sam est au début en rébellion radicale, un rejet violent, qui montre sa capacité à développer une pensée libre malgré un conditionnent très cloisonné.
“I have a mind of my own. I’m not pathetic like you!”.

Il a fuit et a coupé tout contact, pour tenter de se construire une vie d’étudiant normal, mais le passé attend toujours insidieusement une occasion de se reproduire.

Vouant à John une admiration et une confiance aveugle, Dean est à l’inverse totalement façonné par son l’éducation rigide, et incapable de remettre en cause l’autorité. Quand John disparait sans explications et le plante seul, il est complètement désemparé sous ses airs sur de lui.
Sa rancœur et sa colère face au rejet de Sam cache son admiration pour ce qu’il n’a pas le courage de faire.

“We have to follow his legacy”

C’est à la mort de John que leurs réactions sont significatives.

L’énergie de la rébellion s’éteint quand la cible disparait et Sam, perdu, s’empresse de suivre à nouveau les traces de son père.
Il apparait vain d’adopter une voie en opposition, car l’opposition n’est pas la liberté mais une forme de conditionnement. Le rejet et le déni des démons familiaux n’est pas une façon mature et constructive de se détacher de l’enfance pour prendre sa liberté car ils sont en nous qu’on le veuille ou non et ils finissent toujours par nous rattraper.
Le conflit, la colère, n’avaient pas besoin de John comme cible, explosent en lui et le détruisent.
“I am angry. I'm mad at everything. I used to be mad at you and Dad, then Lilith, now it's Lucifer. It's inside me ! I am mad ! All the time ! And I don't know why!”
« It’s not them, it’s inside me ! »


La dernière déclaration de Jonh à Dean est un message contradictoire destructeur. Le discours larmoyant: “ I put…I put too much on your shoulders, I made you grow up too fast. You took care of Sammy, and you took care of me. You did that. And you didn’t complain, not once. I just want you to know…that I am so proud of you. “, inédit d’après la stupéfaction de Dean, est discrédité dans la minute par une terrible dernière volonté, fardeau qu’il n’aurait jamais du s’autoriser à lui faire porter.

Yeah, well, Dad’s an ass. He never should’ve said anything. I mean, you don’t do that, you don’t lay that kind of crap on your kids., dira-t-il à Sam.
Dean ne peut adhérer à ses dernières volontés, cette rupture rend possible la remise en question des repères auxquels il a toujours aveuglement adhéré.
C’est donc plus par désillusion que par rébellion que Dean se détache du modèle paternel, à l’image de Cass avec Dieu.
Cass et Dean tous deux perdus car un père en qui ils vouaient une foi aveugle a dicté le sens de leur vie avec autorité, pour finalement les a abandonner, livrés à eux même dans un monde chaotique.
“I do know a little something about missing fathers.”

Une fois John parti, ils sont plus que jamais conditionnés par les enjeux archaïques d’une malédiction encore inconnue et noyés « on a storming see of mooving emotions ».
La pression de la malédiction sur leur vie se resserre et la quête de vérité devient urgente pour survivre.

« I have demon blood in me ? »

La malédiction est enfin mise à jour... Mais croire pour autant tout savoir et pouvoir tout maitriser est un leurre. Il faut rester prudent et creuser plus loin, se méfier des enjeux et des implications…

“She knows you ? !”

Les démons hantent la famille depuis bien plus longtemps que le drame de la mort de Mary, le jour qui semble être celui où tout à basculé de la vie équilibrée à l’enfer. On pensait que la famille Winchesters était entrée dans ce monde d’horreur depuis ce jour fatidique, mais elle y a en réalité toujours été plongée.
Mary portait ce secret en tentant de préserver son mari et ses enfants. Elle a tenté, comme Sam et Dean plus tard, de nier et de taire les démons de son histoire. Mais elle savait que ce n’était qu’un sursit avant que les démons ne la rattrapent, et elle en connaissant même l’échéance. Elle s’accrochait au fugace bonheur du présent, mais elle savait que sa famille n’en avait pas terminé avec les démons, elle a d’ailleurs nommé Sam du nom de son propre père hunter, mort possédé par le démon qui a maudit la famille.

En étant attentifs aux signes, on aurait pu le pressentir très tôt.
« I’m sorry », dit le fantôme enflammé de Mary à Sam, le « sorry for What ? » de Sam restera sans réponses
« She knows you !? » s’étonne Sam quand le démon lui montre la scène de la mort de sa mère.

La mort supernatural de Mary, comme celle de John plus tard, laisse les vivants hantés par des questions sans réponses. Elle emporte son secret, laissant John désemparé et désespéré se dépêtrer avec les démons transmis à ses enfants. Sans avoir conscience de ce qu’il rejoue et ignorant les enjeux de la malédiction qui pèse sur la famille, il fait de nouveau porter ce fardeau à Sam et Dean.

Se dépêtrer de nos démons implique de se plonger dans l’histoire familiale, pour comprendre l’origine et les enjeux de la malédiction que l’on porte, ce que Castiel fait vivre à Dean au sens propre
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 18:48
Quête de liberté

“ Accept this curse and make something good with it »

Après avoir tué le démon et identifié la malédiction, Sam considère à présent qu’il ne peut pas échapper au déterminisme et qu’il n’a pas d’autre choix que de l’accepter et d’y trouver sa place.
Mais il est dangereux de croire tout savoir sur les démons de l’enfance, de croire pouvoir les maitriser
en les exploitants.
Entraîné par une fausse relation amoureuse, il tente de « accept this curse and make something good with it », alors qu’en réalité il plonge tête la première dans le piège de la malédiction.

Cette dynamique peut se retrouver dans les relations amoureuses : avoir l’impression, en plaçant cette personne au premier plan et en lui accordant toute sa confiance, de prendre sa vie en main, se libérer de sa famille, alors qu’on rejoue dans cette relation une malédiction familiale que l’on n’a pas dépassée.

“Carry on, you will always remember”

A l’inverse Dean ne se sent pas à la hauteur d’endosser la responsabilité imposée par la malédiction. Avoir dénoué les secrets de la malédiction familiale fait prendre conscience de l’ampleur du conditionnement et entraîne un autre mouvement de rejet.
Je sais tout maintenant, mais je refuse de m’y identifier. Les responsabilités qui m’incombent en tant que porteur de cette malédiction sont trop lourdes à porter et impossibles à combattre.
J’aimerais tant n’en avoir jamais rien su…

Mais si nous vivons un quotidien monotone qui ne nous ressemble pas, dans lequel nous ne sommes pas vraiment nous-mêmes, la voix(e) intérieure nous rappelle constamment que l’on est destiné à autre chose « I hear the voice when I dreaming : Carry on my wayward son…»
C’est vrai, qu’est ce qu’on se fait chier dans un bureau ! Une vie de bureaucrate, pire que l’enfer !
« This is a terrible life » et on fini par ne plus tenir dans ce déni de soi.

I see big things in your future. Maybe even senior VP, Eastern Great Lakes Division. Don't get me wrong, you'll have to work for it. Seven days a week, lunch at your desk, but in eight to ten short years, that could be you.
DEAN Well, uh, thank you. Thank you, sir. It's, um...but...I am giving my notice.
I've—I recently—very recently realized that I have some other work I have to do. It's, uh, very important to me. I—it's hard to explain. Um. It's just that this—this is—it's just—it's not who I'm supposed to be.



Laisser le téléphone professionnel sonner sans répondre, puis le défoncer sous le regard ahuri de ses collègues avant d’annoncer avec détermination « I quit ».
Refuser une augmentation de son patron, tourner le dos à une brillante mais ennuyeuse carrière, et donner sa démission.
N’avons-nous pas tous rêvé de plaquer notre vie monotone pour suivre notre voie intérieure insensée, insécurisée et marginale?
Au fond, on connait parfaitement la mission que l’on a à accomplir, qui est la seule voie en accord avec notre nature profonde qui puisse permettre notre épanouissement.
« This isn't a curse. It's a gift. You wanna go steam yourself another latte? Or are you ready to stand up and be who you really are? ».

Nous aurions donc un destin, une mission à accomplir sur terre, et ce n’est pas forcement une malédiction qui justifie une rébellion et contre laquelle il faut lutter.
Malgré tous les conditionnements duquel ce destin est issu, il constitue pleinement notre personnalité et il est vain de le refouler en s’efforçant de vivre une vie de déni qui n’est pas la notre.


“suck it up !”

Après des phases de colère (Sam) et de dépression (Dean), le courage revient et l’espoir se construit autours d’un pari audacieux : "suck it up, accept your responsibilities! », celle de porteurs des démons qui prédestinent leur vie, tout en se dressant contre la fatalité en refusant d’être des marionnettes manipulées qui se contentent de « play the roles that destiny has chosen for you .»

La solution serait donc de transformer l’inéducable apocalypse de notre vie en s’appropriant nos démons archaïques pour faire de notre destin un monde libre aux possibilités infinies.
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 18:52
The Gambler a écrit:Il apparait vain d’adopter une voie en opposition, car l’opposition n’est pas la liberté mais une forme de conditionnement. Le rejet et le déni des démons familiaux n’est pas une façon mature et constructive de se détacher de l’enfance pour prendre sa liberté car ils sont en nous qu’on le veuille ou non et ils finissent toujours par nous rattraper.
C'est tell'ment vrai... Et triste aussi. Frustrant même.

The Gambler a écrit:Cass et Dean tous deux perdus car un père en qui ils vouaient une foi aveugle a dicté le sens de leur vie avec autorité, pour finalement les a abandonner, livrés à eux même dans un monde chaotique.
J'me reconnais tell'ment là-dedans... Mais pas pour "le père", pour "la mère"

The Gambler a écrit:Se dépêtrer de nos démons implique de se plonger dans l’histoire familiale, pour comprendre l’origine et les enjeux de la malédiction que l’on porte, ce que Castiel fait vivre à Dean au sens propre
Ouais c'est facile à dire. Mais crois-en mon expérience, pas facile du tout à trouver!


En tout cas j'adore cette recherche! Merci à toi
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 19:01
Quête d’équilibre

“I can move on with my life”

Sam fini ainsi par trouver un semblant d’équilibre dans ce monde hanté et peuplé de monstres et de démons, à cheval entre l’acceptation de la fatalité et l’affirmation de soi, encaissant les traumatismes en continuant à avancer et jonglant avec les règles sans les bafouer.
Sa lutte avec ses démons intérieurs a été violente et dénaturante, il a failli y perdre son humanité et son âme, piégée dans la cage de torture de Lucifer.
Mais il a identifié, s’est réapproprié, a combattu et à vaincu les démons qu’il portait et semble à présent enfin entier et relativement en paix.
“Sometimes I see Lucifer, but, I don't know, I guess I just finally feel like... my past is my past, and I can move on with my life. You know, hopefully. »

Il a trouvé la voie de la seconde partie de l’enjeu fil rouge : “there will be peace when you are done…”. Cet accomplissement est facilité par son rôle de porteur (au sens propre) de la malédiction, qui lui permet d’identifier précisément ce signifie pour lui la première partie « Carry on my wayward » : “Seeing Lucifer's fine with me....at least all my crazy's under one umbrella, you know? I kind of know what I'm dealing with.”


“Take care of Sammy”

Ce n’est pas si "simple" pour Dean. « Take care of sammy », leitmotiv de son enfance, pilier de sa personnalité, se révèle être un « carry on my wayward » complexe et tragique car il signifie s’occuper de l’incarnation de la malédiction.
Les projecteurs sont tournés sur Sam, porteur de la malédiction, celui bouleverse, qui met en acte, mais le rôle de Dean est en réalité plus lourd de responsabilités et plus éprouvant émotionnellement, comme l’avoue Cass : “I don't envy the weight that's on your shoulders Dean, I really don’t »
« Save Sam, or kill him » : Sa mission est un paradoxe. Comment protéger Sam tout en tuant Sam ?

Refusant la lâche dernière volonté de John, il tente de protéger Sam, de porter son fardeau à sa place, de réprimer ses démons qui s’extériorisent… Mais il n’a pas la force psychologique nécessaire pour le préserver, ni pour faire face à un Sam possédé.
Pour sauver désespérément Sam, il vend son âme au diable (au démon des croisements), se soumets aux anges, s’attaque vainement à Lucifer et défie Death en personne…Il s’oublie et se sacrifie.
BOBBY: Yeah, I’m- I’m worried too, but humor me for a second. How are you?
DEAN: Who cares? Don’t you think our mailbox is a little full right now?


Dean a une fonction par procuration, la voie qui lui est destinée est de combattre et même de tuer la malédiction personnifiée en Sam, ce qui rend son appropriation et donc son dépassement de la malédiction familiale plus difficile.
Son malaise, complexe et diffus, ne se manifeste pas par la colère mais par une dépression plus ou moins camouflée par un cynisme permanent.
Famine: “Oh, you can smirk, and joke, I can see how broken you are, how defeated.”
Son très relative équilibre ne peut se construire qu’autours de la politique « You shove it down, and you let it come out in spurts of violence and alcoholism. ». – « Seems healty » réplique Sam – « Works for me ».
Dean est un « beautiful loseur » qui parvient, en maintenant ses défenses, à rester en vie, lucide et intègre malgré la perte de repères (et la re-perte du père).

“You realize you just can’t have it all “

Il tente de rafisoler un équilibre dans une « normale apple pie life » familiale et sa lutte interne dans sa tentative désastreuse est intéressante.

D’un côté, cette vie de famille vie « normale », qui est une chance de réparer son enfance en ne rejouant pas le passé…
“Then I think about the way we grew up, I don't know, I kind of feel like I have a chance to do something different with Ben, you know? “
…mais qui n’est peu être qu’un désir égoïste qui n’apporte rien de bon à Lisa et Ben :
“Just 'cause you love someone doesn't mean you should stick around and screw up their life. “
De l’autre, le conditionnement profondément ancré de sa nature de hunter.
« I’m not a father, I’me a killer » reconnait-il.
Doit-il encore avoir la force de refuser un destin, celui de hunter, que lui a imposé son père ?
Ou doit-il accepter de prendre la responsabilité d’être un hunter, en renonçant à être une personne avec un avenir et des aspirations ? « you’re not a person, you’re a hunter » lui dira Bobby.

Le combat pour l’affranchissement des démons de l’enfance, le « Carry on my wayward son » et le « take care of Sammy » étaient les raison de vivre de Dean, qui semble à présent errer dans le post apocalyptic mess sans réelle motivation, sans énergie vitale.
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 19:05
Très bien dit tout ça
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 19:10
Intro : « Carry on my wayward son, there’ll be peace when you are done…”

Le refrain marquant chaque épisode de fin de saison et chaque année de la vie tortueuse des Winchestesr, rappelle l’enjeu qui est au fond le fil rouge, métaphorisé, extrapolé, approfondi.

Que portent-t-ils exactement ?
Quelle est cette voie en question?
Le père connait-ils vraiment tous les enjeux de ce qu’il transmet ?
Seront-ils en paix en achevant cette mission, ou en la fuyant ?
Et quel est au juste cet aboutissement ?
....


(PS: oui j'ai oublié de mettre l'intro au début )

Conclusion : "I believe it's what you would call a... tragedy."

Les étapes de la lutte contre les démons de la malédiction familiale peuvent donc être décomposées schématiquement en 3 étapes:

- La quête de vérité : comprendre la malédiction (S01-S02 centrées sur cette quête mais se poursuit dans les S04 et S05)
- La quête de liberté : acceptation d’en être l’héritier, sans fuir dans le déni ou plonger tête la première dans le tourbillon en ayant l’illusion de le maitriser (S04, S05 en miroir de la quête spirituelle)
- La quête d’équilibre : étape ultime du dépassement, de la maturité (SO6, S07 encore en cours, et c’est pas gagné !)

La quête spirituelle et la lutte contre les démons de l’enfance, sont les deux « tragédies humaines », psychologique et spirituelle, miroir l’une de l’autre et sans solution miracle…


Si Sam semble avoir atteint cette maturité, la quête d’équilibre semble sans issue pour Dean, de même que la quête spirituelle de Cas.
Brisés par la culpabilité, par les deuils, ils ont perdu tout courage et goût en la vie.
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 19:11
Et bein, ça c'est de la recherche hein!
Merki à toi
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 19:43
Hey, merci à toi Alisone!
et ravie que tu ai tout lu et que ça te parle.

Bon je tiens à vous rassurer, je ne vais pas envahir le forum avec mes pavés, c'était le dernier "thème" ou "axe de lecture" dont je voulais parler, maintenant il n'y a plus de romans d'interprétations SPN en attente sur mon ordi !
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Re: La malédiction familiale

le Dim 14 Oct - 20:05
(tout de même, pour finir, comme annoncé au début...)

Le génie SPN se révèle ici une fois de plus, en ouvrant la porte du Purgatoire, pour sortir nos pauvre héros torturés de l’impasse de la quête d’équilibre !

The Purgatory : enjeux symboliques et psychologiques

Le purgatoire de Castiel

Entré dans SPN en déclarant solennellement « I’m Castiel. I’m a angel of the Lord”, Cas se souvient maintenant qui il est mais ne sais plus du tout ce qu’il est.
L’échec et la culpabilité lui ont coupé les ailes du courage qu’il lui aurait fallu pour se battre à leur côté, réparer, se faire pardonner et retrouver une place. La fuite de la mort a échoué, celle de l’amnésie aussi, il s’accroche donc à celle de la folie, mais il n’est en réalité pas si fou, c’est plutôt une solution de facilité justifiant de n’endosser aucune responsabilité et de se tenir à l’écart du combat dans lequel il est pourtant toujours central. On a tendance à le préserver, ce pauvre ange pitoyable, mais Dean ne se laisse pas prendre au jeu « I’m sorry » - « No, you’re playing sorry ! », « Nobody care how brocken you are, clean up your mess ! »

Cas n’est pas caché bien loin derrière la folie et les piques de son monky protégé, prouvant qu’il tient toujours à lui et lui fais encore confiance, finissent par le réveiller, il se redresse même avec un certain empressement :« I’ll come with you. So can I ask, what’s the plan ? ». Et il suffit que Dick esquisse un mouvement menaçant envers Dean pour qu’il s’interpose.

Cas se remet donc sur les rails mais il faut quelque chose de beaucoup plus fort pour exorciser sa culpabilité et redéfinir qui il est et ce qu’il est.
Paradoxalement ou évidement, un plan sur son regard perçant et un simple « wake up » grave et injonctif suffisent pour sentir qu’il est immédiatement totalement en éveil à son entrée dans le monde terrifiant du purgatoire.

Le purgatoire de Dean

Porteur de la malédiction d’Azazel, et donc indirectement responsable de la mort de tous ses proches y compris sa mère, ex addict au sang de démon, briseur du dernier sceau ayant libéré Lucifer, vaisseau de Lucifer, hunter cruel et sans scrupules lorsque qu’il avait perdu son âme… Sam a aussi de quoi devenir fou de culpabilité. Mais, comme nous l’avons vu, il a su se réapproprier, transformer et accepter et déclare finalement « I think I don’t feel guilty anymore »
Ne pas refouler, mais accepter et vivre pleinement pour dépasser. C’est le caractère que Sam a d’ailleurs toujours manifesté, depuis la mort de son père jusqu’à son refus d’oublier la partie torturée de son âme, en passant par son refus de nier ses pulsions démoniaques.

En revanche, Dean refoule et survit.
A la mort de John : « SAM: All right. Dean, it’s just…we’ve been at Bobby’s for over a week now and you haven’t brought up Dad once. - DEAN: You know what, you’re right. Come here. I’m gonna lay my head gently on your shoulder. Maybe we can cry, hug –- maybe even slow dance. »
A la mort de Ellen et Jo : « DEAN : Ellen and Jo died, yeah it was freakin' tragedy, okay ? But I'm not gonna wallow in it. - SAM : You always do this. You can't just keep this crap in. - DEAN : Watch me.”
A la mort de Castiel : « You just lost one of the best friends you ever had, but you know, I get it. You’re fine.- DEAN: Good. What, you want to do couples’ yoga, or you want to get back to hunting the big bads?”

On entrevoit à l’occasion de rares moments de faiblesse à quel point les traumatismes et la culpabilité le hantent et le dévore de l’intérieur, notamment lorsqu'il met enfin des mots sur ce qui s’est passé en enfer. Pas de « pleurs à l’américaine » comme dit Gad Elmaley, gros plan sur un visage ravagé de vraies larmes sincères.

Aucune occasion de transformer pour guérir, Uriel le condamne à la vengeance.
« I’m in heaven, ricane ironiquement Alastair, Do you really think it’s gonna fix you ? You left part of yourself back in the Pit. Let's see if we can get the two of you back together again, shall we?”
Redevenu hunter, c’est un sauveur qui court après une rédemption inatégnable “No matter how many people I save, I can't fill this hole. Not ever.” et une estime de lui-même brisée “ daddy's little girl, he broke. He broke in thirty. Oh, just not the man your daddy wanted you to be, huh, Dean?”
Des années après, il ne nie pas que « It -- it tortured you. You know? I think it still does”
On l’a souvent entendu dire, impassible ou avec un sourire défensif « I’me fine » mais « smiling faces sometimes they lie ». Contrairement à Sam, il n’a jamais déclaré sincèrement qu’il n’avait fait un deuil, qu’il s’était pardonné, qu’il pouvait avancer « hopefully ».
Le meurtre légitime d’une créature un peu trop humanisée mais tout de même dangereuse suffit à raviver la culpabilité profonde qui pèse très lourd sur sa conscience (au sens propre, épisode du jugement d’Osiris).


Sans répéter ce qui se dit dans les avis sur les épisode du début de la saison 8, les bribes du Purgatoire on l'air de nous montrer que Dean a su saisir l'occasion paradoxale offerte par le Purgatoire: se purger de la culpabilité qui le rongeait par la violence, pour retrouver goût à la vie et courage pour le combat.
BENNY I think you had it right, bud. Purgatory was pure. I'm kind of wishin' I had appreciated it more. You know? Like you.
Ce qui n'a pas l'air d'être la cas de Cass...



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Re: La malédiction familiale

le Mer 17 Oct - 0:56
The Gambler a écrit:
Se dépêtrer de nos démons implique de se plonger dans l’histoire familiale, pour comprendre l’origine et les enjeux de la malédiction que l’on porte, ce que Castiel fait vivre à Dean au sens propre

Alisone a écrit:
Ouais c'est facile à dire. Mais crois-en mon expérience, pas facile du tout à trouver!

Je veux bien te croire, facile à dire quand on a un ange sous la main...ou une DeLorean!

pour nous, pauvres humains coincés dans la réalité sans magie, il reste toujours la psychothérapie...!
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Re: La malédiction familiale

le Mer 17 Oct - 5:09
The Gambler a écrit:Je veux bien te croire, facile à dire quand on a un ange sous la main...ou une DeLorean!
Ouais voilà!

The Gambler a écrit:pour nous, pauvres humains coincés dans la réalité sans magie, il reste toujours la psychothérapie...!
Ça ou l'hypnose... Faudrait que je me mette à la psychothérapie, mais j'ai pas le temps en ce moment
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Christie12
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Re: La malédiction familiale

le Mar 4 Déc - 9:23
Merci pour tout ces renseignements c'est très bien fait, beau travail
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Re: La malédiction familiale

le Mar 4 Déc - 16:29
oh, cool, une deuxième lectrice !
merci à toi!
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