Les fanfics de Lydean
Page 2 sur 5 • Partager •
Page 2 sur 5 •
1, 2, 3, 4, 5 
Re: Les fanfics de Lydean
ça fait plaisir aussi lydean que tu sois la comme ça les coms sont plus facile a ecrire...
- Spoiler:
- .je lis toujours fidelement ta fic et certains passages me font vraiment sourire comme ce dernier chapitre posté ce matin sur hypno....il y a aussi les passages medicaux qui m'ont laissés en admiration ....donc a bientot sur hypno et si je compte bien ce sera vendredi..
Dernière édition par elidana le Mer 4 Aoû - 22:09, édité 1 fois
Re: Les fanfics de Lydean
Coucou les filles !
Jubei/Kazuki, merci pour ton adorable review ! T'es trop gentille !
Ma marraine adorée, je posterai la suite quand tu voudras. Et ne te prends pas la tête pour m'écrire des reviews, je ne veux pas te donner plus de travail que tu en as déjà !
Elidana, c'est gentil de ta part de mettre des messages ici alors que tu as déjà commenté les chapitre que je poste.
Bises à toutes !
Jubei/Kazuki, merci pour ton adorable review ! T'es trop gentille !
Ma marraine adorée, je posterai la suite quand tu voudras. Et ne te prends pas la tête pour m'écrire des reviews, je ne veux pas te donner plus de travail que tu en as déjà !
Elidana, c'est gentil de ta part de mettre des messages ici alors que tu as déjà commenté les chapitre que je poste.
- Spoiler:
- Tu comptes bien ! lol ! Et si tu aimes les passages médicaux alors celui de vendredi devrait te plaire ! Enfin j'espère ! lol !
Bises à toutes !

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Mais si je prendrais mon temps pour te faire de reviews digne de ce nom, c'est juste que là, j'ai pas souvent accès au pc!

Alexa- Sam's Fiancée

-

Nombre de messages: 51469
Age: 24
Prénom: Alexandra
Frère Préféré: Sam
Date d'inscription: 14/02/2007
Re: Les fanfics de Lydean
je ne t'ai pas mis de rewiews depuis 3 chapitres mais je suis toujours passionnée ...
- Spoiler:
- tu avais raison question medical...tous ces details ça donne le vertige...a bientot pour ton prochain chapitre..
Re: Les fanfics de Lydean
Coucou Elidana,
Je te remercie beaucoup d'être une si fidèle lectrice
!
Pour la suite ici, j'attends le feu vert de ma marraine d'amour !!!
Bises à vous tous
Je te remercie beaucoup d'être une si fidèle lectrice
!Pour la suite ici, j'attends le feu vert de ma marraine d'amour !!!
Bises à vous tous

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Lydean, je lis les deux chapitres ce soir

Alexa- Sam's Fiancée

-

Nombre de messages: 51469
Age: 24
Prénom: Alexandra
Frère Préféré: Sam
Date d'inscription: 14/02/2007
Re: Les fanfics de Lydean
T'inquiète, prends ton temps. C'est pas moi qui suis pressée, hein !
Bisous à toi !
Bisous à toi !

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Alors déjà voila mon avis sur ce second chapitre:
J'ai trouvé la partie sur Ray et Franck intéressante car j'ai eu l'impression d'avoir un parallèle Sam/Dean et plus on avance et plus on ap eur pour eux car on sait ce qui se cache dans la forêt et qu'ils sont incapables de se défendre, même si le coup du feu était bien vu. Ensuite ahhhh, j'ai eu mal pour le pauvre Franck qui se fait déchiqueter par le wendigo, et j'imaagine très bien la scène avec tout ce sang qui gicle de partout, c'est très gore!!! Mais ouille Ray, traumatisé par la mort de son ami, a failli blesser les frères qui arrivaient à cet instant!! Fiou, tu m'as bien fait peur là!
Ensuite la partie avec les frères qui découvrent Ray en état de choque, on ressent très bien les impressions qui traversent Dean vis-à-vis de ce que Ray leur raconte et on comprend très bien que l'aîné ne puisse pas faire un parrallèle de la situation à savoir si c'était Sam à la place de Jimmy... Mais j'ai aimé aussi voir Dean qui s'inquiète pour Sam qui veut à tout prix sauver des gens au détrimant de la sienne et ça merci à papa!
Mais là, tu m'achèves avec cette fin de chapitre où ils ont réussi à avoir le wendigo mais paf, on voit qu'il n'y en avait pas un mais deux!!! Et Dean qui se retrouve piégé et blessé!!!!! J'aime pas quand on finit sur un chapitre comme ça, c'est stressant à mort!!
Bon, j'vais lire de ce pas le troisième chapitre!!!
Edit: voila chapitre 3 lu!!!
Alors alors que dire que j'ai adoré ce chapitre stressant à mort, tellement qu'on se ronge les ongles pour savoir si'ils vont s'en sortir vivant ou pas! Déjà voir Sam qui découvre les lieux du wendigo, c'est bien berk avec notamment cette dépouille encore fraiche ainsi que cette odeur!!! Je plains le pauvre Sammy qui s'est senti mal à cet instant mais il n'aurait pas été le seul! Mais on voit que pour lui aussi, tout ceci cache quelque chose en ansalysant la situation et paf, il comprend lui aussi qu'il y a deux wendigo lorsque le pauvre Jimmy dit "ils"!
J'ai adoré le combat entre Sam et la bête, et j'ai vraiment mal pour Sam qui s'en prend plein la figure, à se faire malmener comme ça!! J'ai bien cru qu'il allait y passer mais heureusement que Ray était là!
Alors tu as failli m'achever avec Sam et tu continues avec Dean qui se retrouve grièvement blessé! J'étais attristée pour Sam qui culpabilise comme ça pour cet accident, surtout quand l'ambulancier lui annonce qu'il n'accompagnera pas son frère dans l'hélico! Mais aussi toutes ses pensées avec cette fameuse phrase de Dean qui le maintient hors de l'eau pour ne pas sombrer, j'ai trouvé ça poignant car voir Sam comme ça, ça donne des frissons...
En plus de commencer un chapitre avec une très grosse tension, tu le clos dans la même atmosphère
C'est pas gentil!!! Tu veux tuer Sam ou quoi?
Donc voila tout ça pour dire que j'ai adoré ces deux chapitres et que je veux la suite!
J'ai trouvé la partie sur Ray et Franck intéressante car j'ai eu l'impression d'avoir un parallèle Sam/Dean et plus on avance et plus on ap eur pour eux car on sait ce qui se cache dans la forêt et qu'ils sont incapables de se défendre, même si le coup du feu était bien vu. Ensuite ahhhh, j'ai eu mal pour le pauvre Franck qui se fait déchiqueter par le wendigo, et j'imaagine très bien la scène avec tout ce sang qui gicle de partout, c'est très gore!!! Mais ouille Ray, traumatisé par la mort de son ami, a failli blesser les frères qui arrivaient à cet instant!! Fiou, tu m'as bien fait peur là!
Ensuite la partie avec les frères qui découvrent Ray en état de choque, on ressent très bien les impressions qui traversent Dean vis-à-vis de ce que Ray leur raconte et on comprend très bien que l'aîné ne puisse pas faire un parrallèle de la situation à savoir si c'était Sam à la place de Jimmy... Mais j'ai aimé aussi voir Dean qui s'inquiète pour Sam qui veut à tout prix sauver des gens au détrimant de la sienne et ça merci à papa!
Mais là, tu m'achèves avec cette fin de chapitre où ils ont réussi à avoir le wendigo mais paf, on voit qu'il n'y en avait pas un mais deux!!! Et Dean qui se retrouve piégé et blessé!!!!! J'aime pas quand on finit sur un chapitre comme ça, c'est stressant à mort!!
Bon, j'vais lire de ce pas le troisième chapitre!!!
Edit: voila chapitre 3 lu!!!
Alors alors que dire que j'ai adoré ce chapitre stressant à mort, tellement qu'on se ronge les ongles pour savoir si'ils vont s'en sortir vivant ou pas! Déjà voir Sam qui découvre les lieux du wendigo, c'est bien berk avec notamment cette dépouille encore fraiche ainsi que cette odeur!!! Je plains le pauvre Sammy qui s'est senti mal à cet instant mais il n'aurait pas été le seul! Mais on voit que pour lui aussi, tout ceci cache quelque chose en ansalysant la situation et paf, il comprend lui aussi qu'il y a deux wendigo lorsque le pauvre Jimmy dit "ils"!
J'ai adoré le combat entre Sam et la bête, et j'ai vraiment mal pour Sam qui s'en prend plein la figure, à se faire malmener comme ça!! J'ai bien cru qu'il allait y passer mais heureusement que Ray était là!
Alors tu as failli m'achever avec Sam et tu continues avec Dean qui se retrouve grièvement blessé! J'étais attristée pour Sam qui culpabilise comme ça pour cet accident, surtout quand l'ambulancier lui annonce qu'il n'accompagnera pas son frère dans l'hélico! Mais aussi toutes ses pensées avec cette fameuse phrase de Dean qui le maintient hors de l'eau pour ne pas sombrer, j'ai trouvé ça poignant car voir Sam comme ça, ça donne des frissons...
En plus de commencer un chapitre avec une très grosse tension, tu le clos dans la même atmosphère
C'est pas gentil!!! Tu veux tuer Sam ou quoi?
Donc voila tout ça pour dire que j'ai adoré ces deux chapitres et que je veux la suite!

Alexa- Sam's Fiancée

-

Nombre de messages: 51469
Age: 24
Prénom: Alexandra
Frère Préféré: Sam
Date d'inscription: 14/02/2007
Re: Les fanfics de Lydean
Coucou Marraine !
Merci beaucoup pour cet adorable commentaire ! Franchement, ça c'est de la review de compèt !
Il y a deux choses qui me font particulièrement plaisir dans ce que tu as écrit : le fait que tu aies trouvé certains passages bien ... berk, et quand tu dis que je coupe les chapitres sur un gros stress ! lol !
Bisous
Merci beaucoup pour cet adorable commentaire ! Franchement, ça c'est de la review de compèt !
Il y a deux choses qui me font particulièrement plaisir dans ce que tu as écrit : le fait que tu aies trouvé certains passages bien ... berk, et quand tu dis que je coupe les chapitres sur un gros stress ! lol !
Bisous

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Chapitre 4
Grâce aux indications de Ray, il trouva rapidement l’hôpital, s’enfonça dans le parking souterrain de l’immense bâtiment à la recherche d’une place pour l’Impala et se précipita à l’intérieur via l’ascenseur. Arrivé à l’accueil des urgences, il expliqua brièvement la situation et la personne lui indiqua l’étage du service concerné. L’ascenseur étant trop lent à son goût, il gravit quatre à quatre les marches qui le séparaient du sixième étage. Il ouvrit à la volée le battant de la porte au-dessus de laquelle une pancarte indiquait le service neurologique du centre hospitalier. Puis il arpenta un long couloir au bout duquel il aperçut une femme en blouse rose clair derrière un comptoir. A côté d’elle, une douce musique insistante émanait du téléphone. Mais elle restait avachie, à regarder l’extrémité de ses doigts, peut-être ses ongles. Au bout de quelques secondes, un éclair de génie dut traverser son esprit car elle décrocha. Elle répondit de manière évasive à son interlocuteur tout en prenant conscience qu’elle avait un visiteur de l’autre côté du comptoir. Elle le détailla des pieds à la tête tout en mâchonnant, passant du dégoût à l’avidité. Puis elle raccrocha, l’observa encore un peu avant d’avoir la « présence d’esprit » de lui demander :
- Qu’est-ce que j’peux faire pour vous ?
Il ravala sa remarque acerbe et réfréna son envie de meurtre.
- J’aimerais avoir des nouvelles de mon frère. Il est arrivé, il y a plus de deux heures … en hélicoptère … avec une plaie importante au niveau de la tête … sur la tempe gauche … On était dans les bois près de Newhalem et on a été attaqué par un ours …
Devant le regard bourré d’incompréhension de l’infirmière, il poursuivait ses explications, espérant que le déclic se fasse enfin et si possible, rapidement. L’unique neurone qui gravitait dans ce vide intersidéral qui lui servait de cerveau avait-il grillé lui aussi ?
- D’accord, finit-elle par articuler après un temps de réflexion démesuré au goût de Sam. Votre nom, j’vous prie.
Consterné, il s’aperçut qu’il n’avait plus aucun souvenir du pseudo qu’il avait indiqué au secouriste de l’hélicoptère ! Depuis un peu plus de deux semaines, Dean et lui avaient été contraints de changer les plaques d’immatriculation de la Chevrolet et s’étaient procurés de nouvelles identités. Leur dernière entrevue avec Henricksen ne leur avait pas vraiment laissé le choix. L’agent du FBI était un fin limier et il ne manquait pas de ressources. S’il les retrouvait, il les enfermerait à jamais.
- M. Mahoggoff, je suppose, l’interrompit dans ses pensées une seconde voix féminine bien plus douce que la première.
Interdit, il tourna la tête vers elle. Vêtue d’une blouse blanche, la nouvelle venue affichait un air compatissant et concerné. Devant son regard interrogateur, il acquiesça d’un léger signe de tête avant de replonger dans ses réflexions. Point positif, il savait à présent quel pseudo il avait indiqué. Point négatif, Dean et lui l’avait employé assez souvent lors de leurs différentes chasses, la dernière fois étant pour réserver une chambre dans un hôtel hanté par une petite fille, Maggie, qui s’opposait à la vente de l’établissement et tuait toute personne qui voulait l’en déposséder.
Dans les bois, il n’avait pas fait attention à ce qu’il disait. Il était trop préoccupé par l’état de santé de son frère. Sous la pression, il avait dit le seul nom qui lui était venu à l’esprit et à présent il espérait que ce moment d’inattention ne se retournerait pas contre eux.
- Il a l’air complètement à l’ouest, intervint l’infirmière au chewing-gum.
- Laissez, Emily ! Je vais m’occuper de monsieur, lui indiqua-t-elle avec les gros yeux.
Elle appliqua une main réconfortante dans le dos de Sam et l’encouragea à la suivre un peu à l’écart, dans une petite partie du couloir aménagée en salle d’attente.
- Comment va mon frère ? Demanda-t-il une nouvelle fois, espérant obtenir enfin une réponse.
- Je ne suis pas habilitée à vous répondre mais le neurochirurgien qui s’est occupé de lui viendra vous voir d’ici une petite heure dès qu’il aura terminé d’opérer un autre patient …
- Une heure ! C’est hors de questions ! Je veux avoir de ses nouvelles, maintenant.
- Je comprends tout à fait M.Mahoggoff. Et j’espère vous rassurer en vous disant que le Dr. Monroe est le meilleur neurochirurgien de cet Etat. Je peux également vous informer que votre frère est sorti de la salle d’opération, qu’il est actuellement en salle de réveil et qu’il devrait intégrer une de nos chambres dès que le Dr Monroe aura vérifié ses constantes. A partir de ce moment-là, vous serez autorisé à le voir … Enfin si je peux me permettre un conseil …
Il observait cette jeune femme qui tentait tant bien que mal de le réconforter et de le rassurer sur l’état de santé de son aîné. Il était soulagé d’entendre que Dean était toujours en vie et qu’il allait enfin pouvoir le voir. Mais l’attente d’une heure lui paraissait insupportable.
- M.Mahoggoff ? Vous m’écoutez ? S’enquit-elle avec un sourire tendre.
- Pardon, s’excusa-t-il. Vous disiez ?
- Il y a un petit motel de l’autre côté de la rue, juste en face de l’entrée principale de l’hôpital. Vous pouvez y réserver une chambre …
- Je ne pourrais pas dormir le temps que je ne l’aurais pas vu et que je ne me serais pas assuré qu’il va bien.
- Oui, je comprends mais il s’agit avant tout de faire un brin de toilette car vous ne serez pas autorisé à le voir dans cet état.
A ces mots, il baissa la tête et constata l’état désastreux dans lequel il était : ses vêtements, déchirés par endroit, étaient poisseux. Sur ses manches, la crasse s’était mélangée au sang de Dean et le résultat en était plus qu’écoeurant. Voilà bien une chose à laquelle il n’avait pas pris le temps de penser.
- Oui, je vous remercie docteur … il jeta un œil rapide à sa plaque d’identification où étaient inscrites les initiales A.L. précédant son nom de famille : Beaumont.
- Je ne suis pas médecin, l’informa-t-elle gentiment. Je suis infirmière. Mon rôle ici se résume à assister les chirurgiens pendant les opérations, porter quelques soins aux patients, accueillir leurs visiteurs et les renseigner. Et surtout, vous faire compléter le dossier d’admission, ajouta-t-elle, un sourire à la fois sympathique et malicieux aux lèvres.
A peine trois quarts d’heure plus tard, il était de retour devant le même comptoir. Il s’était lavé et avait rapidement soigné ses propres blessures avant d’enfiler des vêtements décents. Le dossier qu’il avait complété était toujours posé à côté de l’ordinateur et l’infirmière « mâchouillante » ne lui prêtait visiblement aucun intérêt. Lorsqu’elle le vit s’approcher, elle afficha un sourire niais et saisit le téléphone par l’intermédiaire duquel elle indiqua sa présence.
Dans la minute qui suivit, l’aimable infirmière apparut, accompagnée par un homme chauve aux petites lunettes rondes et à l’air grave. Si la jeune femme à ses côtés n’avait pas eu ce sourire réconfortant, il aurait été persuadé qu’un événement dramatique était arrivé à son frère. Il préféra donc se concentrer sur ce visage si calme et tellement doux. Les présentations furent brèves et le neurochirurgien entra directement dans le vif du sujet :
- Les jours de votre frère ne sont pas en danger. La plaie à la tête était certes très inquiétante au premier abord mais il s’est avéré, pendant l’opération, qu’elle n’était pas aussi grave qu’elle le paraissait … La fracture ouverte a été réduite et il devra porter un plâtre pendant environ un mois …
Le soulagement l’envahissait peu à peu et il éprouvait une grande reconnaissance vis-à-vis de ce médecin qui avait pris soin de son frère et continuait de lui dresser un bilan qu’il estimait rassurant compte tenu des événements.
- Est-ce que je peux aller le voir maintenant ? Demanda-t-il, le ton de sa voix révélant toute son impatience.
- D’abord, j’aimerais que vous compreniez que nous ne sommes pas encore en mesure d’établir avec certitude les séquelles qu’un tel choc a pu provoquer. Votre frère s’est réveillé brièvement tout à l’heure. Il était en sueur et totalement désorienté. Ce qui est tout à fait compréhensible. La perte de la mémoire est souvent la conséquence d’un traumatisme crânien. Mais dans les heures à venir, nous allons devoir lui faire passer des examens complémentaires afin d’établir un diagnostique plus complet dont je ne manquerais pas de vous faire part des résultats. Cette série de tests peut être éprouvante selon les patients et il faut qu’il se remette pleinement de l’opération qu’il vient de subir. Ce que j’essaie de vous faire comprendre, c’est que pour le moment nous le laissons se reposer. Alors devant votre empressement, je vous autorise à aller le voir. Mais à la condition que vous respectiez cette période de repos.
Il ne lui fallut pas plus d’une fraction de seconde pour accepter la condition du Dr. Monroe. Il le remercia avant de suivre la sympathique infirmière qui l’accompagna jusqu’à la chambre de Dean. Elle le prévint que l’état dans lequel se trouvait son frère pouvait être impressionnant. Il se retint de lui avouer qu’il avait déjà vu bien pire. En effet, lorsqu’il entra, son aîné était allongé paisiblement sur son lit. S’il n’y avait pas eu ce bandage autour de la tête et ce plâtre sur son bras gauche, il aurait pu croire qu’il dormait. Aucun tube ne sortait de sa bouche et son visage ne présentait pas les couleurs cadavériques qu’il avait observées après l’effroyable carambolage avec le camion qui avait heurté de plein fouet l’Impala, blessant grièvement les deux seuls membres de la famille qui lui restait. Même les bips du monitoring, calmes et réguliers, étaient apaisants.
En partie rassuré par le discours du médecin, il put apprécier pleinement le fait d’être enfin aux côtés de Dean, constatant par lui-même son état de santé, se réconfortant par sa simple présence. Il prit la chaise mise à disposition, s’installa silencieusement près du lit et attendit patiemment le réveil de son grand frère.
***
Il rêvait. Il en était persuadé. C’était à peu de choses près les mêmes images que dans son rêve précédent, le seul songe de sa souvenance, et il n’y avait toujours pas de son. C’était un défilé de différents passages de sa vie. Enfin, peut-être, car tout ça n’avait aucun sens pour lui. Il voyait ce petit bébé, qu’il maintenait fermement dans ses bras, grandir jusqu’à ce qu’il soit âgé de huit ou neuf ans. Même s’il s’agissait de moments différents, d’endroits variés, c’était le même petit garçon. Il le reconnaissait grâce à ses yeux si clairs et surtout si expressifs. Il n’avait aucune idée de qui il pouvait être mais il savait qu’il était la personne la plus importante au monde pour lui. Alors il se laissa guider par ses songes, attentif au moindre événement, essayant de retrouver ces souvenirs enfouis quelque part dans sa mémoire.
Et comme dans son précédent rêve, tout commença par cette terrible scène où une maison était en flammes. Si le fait de ne rien entendre entravait sa perception des choses, tous ses autres sens, eux, fonctionnaient à plein régime. D’abord, il y avait cette odeur écoeurante dont il n’arrivait pas à définir la provenance. Bien sûr, il pouvait comprendre les effluves carbonisés qui inondaient ses narines. Mais il y avait autre chose, un relent insistant auquel il n’arrivait pas à donner de nom … auquel il ne voulait pas associé d’image … auquel il refusait même de penser ! Et puis cette chaleur insoutenable alors qu’il dévalait difficilement les escaliers avec ce bébé dans les bras. Il était essoufflé. Chaque bouffée d’air qu’il réussissait à emmagasiner lui brûlait les narines, la trachée et les poumons. Sans compter la charge que représentait ce petit être qu’il enveloppait précautionneusement de tout son corps. Comment une si petite chose pouvait-elle être aussi lourde ? Arrivé à l’extérieur, il leva la tête en direction du brasier qui prenait de l’ampleur au premier étage. Puis ses yeux se reportèrent sur l’enfant qu’il maintenait dans une étreinte protectrice. Il comprit que cet instant avait été un moment clé de sa vie, un événement déterminant pour son avenir.
Et puis, comme s’il venait de changer de chaîne, il se trouva propulsé dans un autre lieu. Le bébé avait grandit un peu. Il se tenait assis sur un vieux fauteuil bien trop vaste pour lui. Sa bouche était barbouillée de cette espèce de purée verte malodorante qu’il tentait de lui faire ingurgiter. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Des épinards ? De toute évidence, il devait faire des singeries pour réussir à lui enfourner la cuillère. Le petit bout d’chou alternait donc rires et grimaces de dégoût. Soudain, il s’arrêta, le fixa longuement de ses petits yeux souriants. Puis il tendit ses minuscules mains vers lui et, tout en projetant une flopée de postillons verdâtres, il prononça un mot qu’il ne put malheureusement pas entendre. Pourtant ce qu’avait dit ce bébé devait être de toute première importance car il lâcha l’assiette et le contenu se répandit sur le sol, faisant éclater de rire le petit par la même occasion.
Zap ! Quelques mois plus tard. Le bébé s’était transformé en « mini-garçonnet ». Il essayait de se mettre debout en prenant appui sur une chaise. Après une tentative infructueuse qui se solda par une chute sur les fesses, il retenta sa chance et fut récompensé de ses efforts. Extrêmement fier de sa prouesse, il se retourna vers lui, un immense sourire satisfait aux lèvres. Hardi, il lâcha une première main puis la deuxième, gardant un équilibre plus que relatif. Enfin, il se lança et fit quelques pas dans sa direction avant de s’étaler de tout son long sur le sol. Il se précipita à son secours, le relevant délicatement. Mais alors qu’il pensait le trouver en larmes, il vit son magnifique sourire et sa mine réjouie avant de se séparer de son étreinte et de renouveler l’expérience.
Autre moment, autre lieu. Il était couché mais il ne dormait pas. La lumière d’un lampadaire filtrait à travers les rideaux de la chambre éclairant un bambin en pyjama, âgé d’environ quatre ans. Il se tenait debout près du lit, les yeux brillants, certainement victime d’un mauvais rêve. Sans qu’aucune parole ne soit échangée, il souleva les draps, l’invitant par ce simple geste à venir se réfugier près de lui. L’enfant se rua sous les couvertures et se blottit contre lui avant de sombrer dans le sommeil.
Il courait à en perdre haleine. De toute évidence, il était en retard. A l’angle d’une rue, il prit sur la droite. Son regard se porta instinctivement sur l’enfant assis seul sur le bord du trottoir, devant une grille fermée où un écriteau indiquait l’école primaire. En l’entendant arriver, le petit garçon releva la tête, lui adressa un sourire, prit son cartable et se mit debout. Son visage ne lui envoyait aucune animosité, aucun reproche pour son retard. Au contraire, son regard reflétait tout le bonheur et le soulagement de le voir arriver. Là encore, aucune parole ne fut échangée. Il se contenta de prendre son sac bien trop lourd pour un petit bonhomme de cet âge-là et ils rebroussèrent chemin côte à côte.
D’autres images défilèrent de la même manière : l’enfant brandissant joyeusement la coupe que son équipe et lui venaient de gagner à un match de football, le petit garçon boudeur qui aurait préféré mille fois continuer sa lecture plutôt que perdre son temps à table où il était forcé de manger, le garnement capable de se faire tout pardonner d’un simple regard, l’infatigable curieux qui posait mille et une questions auxquelles il ne pouvait lui fournir de réponse …
Et c’était à ce moment précis que son rêve dérapait, qu’il se transformait en cauchemar et que, la dernière fois, il s’était réveillé en sursaut. Il se sentait oppressé. D’un côté, il voulait comprendre, se souvenir, mais d’un autre, il savait qu’il avait la réponse bien enfouie dans un coin de sa tête et qu’il était préférable de la laisser où elle était. Le petit gars tendait vers lui un livre, une sorte de journal personnel empli de notes variées et de coupures de journaux. Il le regardait fixement, attendant des réponses à ses questions. Si parfois les mots n’étaient pas utiles, ils avaient ici toute leur importance. Et même s’il n’était pas en mesure de les entendre, ils faisaient mal, très mal. Le visage de ce jeune garçon d’environ huit ans se décomposait à mesure qu’ils avançaient dans la conversation. De son côté, sa gorge était nouée, sa respiration saccadée, l’air refusant d’entrer dans ses poumons meurtris et son torse était comme serré dans un étau. Le malaise s’amplifia jusqu’à la déconnexion totale de son cerveau. NON ! Et comme la première fois, il se réveilla haletant.
***
Son premier réflexe fut d’examiner en un clin d’œil, mais de fond en comble, le lieu où il se trouvait. Il n’était plus dans cette salle stérile où il s’était réveillé la première fois. Il découvrit alors une chambre individuelle, d’un blanc immaculé. L’air ambiant était chargé d’éther et les bips du monitoring explosaient dans sa tête comme le feraient de minuscules bombes à intervalle réguliers. Il ne désirait qu’une seule chose : se barrer d’ici ! Et le plus rapidement serait le mieux.
Quant au médecin bougon aux petites lunettes rondes qui lui avait pris la tête avec ses questions auxquelles il n’avait pas de réponse, il avait disparu. En revanche, assis sur une chaise près de lui, il y avait ce grand gaillard aux cheveux bien trop longs qui dissimulaient en partie ses yeux emplis d’inquiétude. Si cet homme n’avait pas été âgé d’un quart de siècle environ, il aurait pu jurer qu’il s’agissait du même petit garçon qu’il avait vu dans son rêve. Tout était dans son regard. Et sans même le connaître, sans même pouvoir lui attribuer un prénom, un lien de parenté ou tout autre type de relation avec lui, il savait au plus profond de lui-même que c’était quelqu’un de proche, une personne qu’il appréciait et en qui il pouvait avoir toute confiance.
- Dean ? Comment tu te sens ? Lui demanda-t-il.
Il avait pourtant chuchoté mais chaque parole résonnait encore dans son crâne douloureux. Alors, c’était ça son nom ? Dean. Il regarda l’inconnu qui le fixait, attendant toujours une réponse. De sa bouche pâteuse, il essaya d’accéder à sa requête :
- Mal à la tête, réussit-il à articuler dans un souffle.
- Ben, c’est normal avec ce qui t’es arrivé. Tu veux que j’appelle le médecin ?
Il refusa d’un léger signe de tête. Bouger le faisait autant souffrir que parler ou même écouter.
- Qu’est-ce que je peux faire pour toi, alors ?
Il avait une furieuse envie de lui dire de commencer par arrêter de poser des questions mais ça aurait été trop long. Il se contenta donc d’un :
- Rien.
L’homme devant lui se rembrunit. Sa moue déconfite et ses yeux malheureux l’obligèrent à rassembler toute son énergie pour changer d’attitude. Il ne le connaissait pas mais il ne supportait pas de le voir dans cet état.
- Merci de t’inquiéter pour moi. Mais ça va aller, se força-t-il à dire tout en essayant d’être convaincant.
Aussitôt, l’inconnu se détendit et lui sourit timidement. Sans se l’expliquer, il se sentit mieux également. Le seul problème, c’est qu’il venait d’encourager ce mec à reprendre ses foutues questions :
- Tu ne me demandes pas où est ton bébé ?
Ah ! Une info intéressante. Il avait fait ce même rêve deux fois. C’était donc bien qu’il avait une signification. Il mit donc tous ses espoirs dans cette question qui lui brûlait les lèvres :
- J’ai … un enfant ? Osa-t-il avec plein d’espérance.
- Non, Dean ! Je te parle de ta voiture, l’amour de ta vie !
- Ah, fit-il déçu et complètement perdu.
L’inconnu l’observa une minute, interdit. Puis il plissa les yeux comme s’il se méfiait. Il avait l’air de beaucoup cogiter. Enfin, il ouvrit la bouche pour parler, se ravisa avec un sourire en coin et finit par se lancer :
- Oh arrête ! Tu ne vas pas me faire croire que tu ne te souviens pas de ta caisse, Jason Bourne !?
- J’croyais que je m’appelais Dean, s’inquiéta-t-il, ne comprenant vraiment plus rien à cette conversation.
Cette fois, le mec en face de lui écarquilla les yeux, visiblement très surpris de sa réponse. Puis il fronça les sourcils et le scruta intensément. Au bout de quelques instants, son air de chien battu réapparut.
Il lui aurait bien dit quelque chose de réconfortant mais il n’avait aucune idée de se qui se tramait dans sa tête. Ses réactions étaient bizarres. Il agissait comme s’il ne croyait pas en son amnésie. A moins que le médecin ne lui ait pas dit qu’il avait perdu la mémoire. Il était sur le point d’évoquer le sujet mais, d’une voix étranglée, le grand gaillard le devança en lui posant la question fatidique :
- Mais Dean, enfin quand même, tu … tu sais qui je suis ?
Grâce aux indications de Ray, il trouva rapidement l’hôpital, s’enfonça dans le parking souterrain de l’immense bâtiment à la recherche d’une place pour l’Impala et se précipita à l’intérieur via l’ascenseur. Arrivé à l’accueil des urgences, il expliqua brièvement la situation et la personne lui indiqua l’étage du service concerné. L’ascenseur étant trop lent à son goût, il gravit quatre à quatre les marches qui le séparaient du sixième étage. Il ouvrit à la volée le battant de la porte au-dessus de laquelle une pancarte indiquait le service neurologique du centre hospitalier. Puis il arpenta un long couloir au bout duquel il aperçut une femme en blouse rose clair derrière un comptoir. A côté d’elle, une douce musique insistante émanait du téléphone. Mais elle restait avachie, à regarder l’extrémité de ses doigts, peut-être ses ongles. Au bout de quelques secondes, un éclair de génie dut traverser son esprit car elle décrocha. Elle répondit de manière évasive à son interlocuteur tout en prenant conscience qu’elle avait un visiteur de l’autre côté du comptoir. Elle le détailla des pieds à la tête tout en mâchonnant, passant du dégoût à l’avidité. Puis elle raccrocha, l’observa encore un peu avant d’avoir la « présence d’esprit » de lui demander :
- Qu’est-ce que j’peux faire pour vous ?
Il ravala sa remarque acerbe et réfréna son envie de meurtre.
- J’aimerais avoir des nouvelles de mon frère. Il est arrivé, il y a plus de deux heures … en hélicoptère … avec une plaie importante au niveau de la tête … sur la tempe gauche … On était dans les bois près de Newhalem et on a été attaqué par un ours …
Devant le regard bourré d’incompréhension de l’infirmière, il poursuivait ses explications, espérant que le déclic se fasse enfin et si possible, rapidement. L’unique neurone qui gravitait dans ce vide intersidéral qui lui servait de cerveau avait-il grillé lui aussi ?
- D’accord, finit-elle par articuler après un temps de réflexion démesuré au goût de Sam. Votre nom, j’vous prie.
Consterné, il s’aperçut qu’il n’avait plus aucun souvenir du pseudo qu’il avait indiqué au secouriste de l’hélicoptère ! Depuis un peu plus de deux semaines, Dean et lui avaient été contraints de changer les plaques d’immatriculation de la Chevrolet et s’étaient procurés de nouvelles identités. Leur dernière entrevue avec Henricksen ne leur avait pas vraiment laissé le choix. L’agent du FBI était un fin limier et il ne manquait pas de ressources. S’il les retrouvait, il les enfermerait à jamais.
- M. Mahoggoff, je suppose, l’interrompit dans ses pensées une seconde voix féminine bien plus douce que la première.
Interdit, il tourna la tête vers elle. Vêtue d’une blouse blanche, la nouvelle venue affichait un air compatissant et concerné. Devant son regard interrogateur, il acquiesça d’un léger signe de tête avant de replonger dans ses réflexions. Point positif, il savait à présent quel pseudo il avait indiqué. Point négatif, Dean et lui l’avait employé assez souvent lors de leurs différentes chasses, la dernière fois étant pour réserver une chambre dans un hôtel hanté par une petite fille, Maggie, qui s’opposait à la vente de l’établissement et tuait toute personne qui voulait l’en déposséder.
Dans les bois, il n’avait pas fait attention à ce qu’il disait. Il était trop préoccupé par l’état de santé de son frère. Sous la pression, il avait dit le seul nom qui lui était venu à l’esprit et à présent il espérait que ce moment d’inattention ne se retournerait pas contre eux.
- Il a l’air complètement à l’ouest, intervint l’infirmière au chewing-gum.
- Laissez, Emily ! Je vais m’occuper de monsieur, lui indiqua-t-elle avec les gros yeux.
Elle appliqua une main réconfortante dans le dos de Sam et l’encouragea à la suivre un peu à l’écart, dans une petite partie du couloir aménagée en salle d’attente.
- Comment va mon frère ? Demanda-t-il une nouvelle fois, espérant obtenir enfin une réponse.
- Je ne suis pas habilitée à vous répondre mais le neurochirurgien qui s’est occupé de lui viendra vous voir d’ici une petite heure dès qu’il aura terminé d’opérer un autre patient …
- Une heure ! C’est hors de questions ! Je veux avoir de ses nouvelles, maintenant.
- Je comprends tout à fait M.Mahoggoff. Et j’espère vous rassurer en vous disant que le Dr. Monroe est le meilleur neurochirurgien de cet Etat. Je peux également vous informer que votre frère est sorti de la salle d’opération, qu’il est actuellement en salle de réveil et qu’il devrait intégrer une de nos chambres dès que le Dr Monroe aura vérifié ses constantes. A partir de ce moment-là, vous serez autorisé à le voir … Enfin si je peux me permettre un conseil …
Il observait cette jeune femme qui tentait tant bien que mal de le réconforter et de le rassurer sur l’état de santé de son aîné. Il était soulagé d’entendre que Dean était toujours en vie et qu’il allait enfin pouvoir le voir. Mais l’attente d’une heure lui paraissait insupportable.
- M.Mahoggoff ? Vous m’écoutez ? S’enquit-elle avec un sourire tendre.
- Pardon, s’excusa-t-il. Vous disiez ?
- Il y a un petit motel de l’autre côté de la rue, juste en face de l’entrée principale de l’hôpital. Vous pouvez y réserver une chambre …
- Je ne pourrais pas dormir le temps que je ne l’aurais pas vu et que je ne me serais pas assuré qu’il va bien.
- Oui, je comprends mais il s’agit avant tout de faire un brin de toilette car vous ne serez pas autorisé à le voir dans cet état.
A ces mots, il baissa la tête et constata l’état désastreux dans lequel il était : ses vêtements, déchirés par endroit, étaient poisseux. Sur ses manches, la crasse s’était mélangée au sang de Dean et le résultat en était plus qu’écoeurant. Voilà bien une chose à laquelle il n’avait pas pris le temps de penser.
- Oui, je vous remercie docteur … il jeta un œil rapide à sa plaque d’identification où étaient inscrites les initiales A.L. précédant son nom de famille : Beaumont.
- Je ne suis pas médecin, l’informa-t-elle gentiment. Je suis infirmière. Mon rôle ici se résume à assister les chirurgiens pendant les opérations, porter quelques soins aux patients, accueillir leurs visiteurs et les renseigner. Et surtout, vous faire compléter le dossier d’admission, ajouta-t-elle, un sourire à la fois sympathique et malicieux aux lèvres.
A peine trois quarts d’heure plus tard, il était de retour devant le même comptoir. Il s’était lavé et avait rapidement soigné ses propres blessures avant d’enfiler des vêtements décents. Le dossier qu’il avait complété était toujours posé à côté de l’ordinateur et l’infirmière « mâchouillante » ne lui prêtait visiblement aucun intérêt. Lorsqu’elle le vit s’approcher, elle afficha un sourire niais et saisit le téléphone par l’intermédiaire duquel elle indiqua sa présence.
Dans la minute qui suivit, l’aimable infirmière apparut, accompagnée par un homme chauve aux petites lunettes rondes et à l’air grave. Si la jeune femme à ses côtés n’avait pas eu ce sourire réconfortant, il aurait été persuadé qu’un événement dramatique était arrivé à son frère. Il préféra donc se concentrer sur ce visage si calme et tellement doux. Les présentations furent brèves et le neurochirurgien entra directement dans le vif du sujet :
- Les jours de votre frère ne sont pas en danger. La plaie à la tête était certes très inquiétante au premier abord mais il s’est avéré, pendant l’opération, qu’elle n’était pas aussi grave qu’elle le paraissait … La fracture ouverte a été réduite et il devra porter un plâtre pendant environ un mois …
Le soulagement l’envahissait peu à peu et il éprouvait une grande reconnaissance vis-à-vis de ce médecin qui avait pris soin de son frère et continuait de lui dresser un bilan qu’il estimait rassurant compte tenu des événements.
- Est-ce que je peux aller le voir maintenant ? Demanda-t-il, le ton de sa voix révélant toute son impatience.
- D’abord, j’aimerais que vous compreniez que nous ne sommes pas encore en mesure d’établir avec certitude les séquelles qu’un tel choc a pu provoquer. Votre frère s’est réveillé brièvement tout à l’heure. Il était en sueur et totalement désorienté. Ce qui est tout à fait compréhensible. La perte de la mémoire est souvent la conséquence d’un traumatisme crânien. Mais dans les heures à venir, nous allons devoir lui faire passer des examens complémentaires afin d’établir un diagnostique plus complet dont je ne manquerais pas de vous faire part des résultats. Cette série de tests peut être éprouvante selon les patients et il faut qu’il se remette pleinement de l’opération qu’il vient de subir. Ce que j’essaie de vous faire comprendre, c’est que pour le moment nous le laissons se reposer. Alors devant votre empressement, je vous autorise à aller le voir. Mais à la condition que vous respectiez cette période de repos.
Il ne lui fallut pas plus d’une fraction de seconde pour accepter la condition du Dr. Monroe. Il le remercia avant de suivre la sympathique infirmière qui l’accompagna jusqu’à la chambre de Dean. Elle le prévint que l’état dans lequel se trouvait son frère pouvait être impressionnant. Il se retint de lui avouer qu’il avait déjà vu bien pire. En effet, lorsqu’il entra, son aîné était allongé paisiblement sur son lit. S’il n’y avait pas eu ce bandage autour de la tête et ce plâtre sur son bras gauche, il aurait pu croire qu’il dormait. Aucun tube ne sortait de sa bouche et son visage ne présentait pas les couleurs cadavériques qu’il avait observées après l’effroyable carambolage avec le camion qui avait heurté de plein fouet l’Impala, blessant grièvement les deux seuls membres de la famille qui lui restait. Même les bips du monitoring, calmes et réguliers, étaient apaisants.
En partie rassuré par le discours du médecin, il put apprécier pleinement le fait d’être enfin aux côtés de Dean, constatant par lui-même son état de santé, se réconfortant par sa simple présence. Il prit la chaise mise à disposition, s’installa silencieusement près du lit et attendit patiemment le réveil de son grand frère.
***
Il rêvait. Il en était persuadé. C’était à peu de choses près les mêmes images que dans son rêve précédent, le seul songe de sa souvenance, et il n’y avait toujours pas de son. C’était un défilé de différents passages de sa vie. Enfin, peut-être, car tout ça n’avait aucun sens pour lui. Il voyait ce petit bébé, qu’il maintenait fermement dans ses bras, grandir jusqu’à ce qu’il soit âgé de huit ou neuf ans. Même s’il s’agissait de moments différents, d’endroits variés, c’était le même petit garçon. Il le reconnaissait grâce à ses yeux si clairs et surtout si expressifs. Il n’avait aucune idée de qui il pouvait être mais il savait qu’il était la personne la plus importante au monde pour lui. Alors il se laissa guider par ses songes, attentif au moindre événement, essayant de retrouver ces souvenirs enfouis quelque part dans sa mémoire.
Et comme dans son précédent rêve, tout commença par cette terrible scène où une maison était en flammes. Si le fait de ne rien entendre entravait sa perception des choses, tous ses autres sens, eux, fonctionnaient à plein régime. D’abord, il y avait cette odeur écoeurante dont il n’arrivait pas à définir la provenance. Bien sûr, il pouvait comprendre les effluves carbonisés qui inondaient ses narines. Mais il y avait autre chose, un relent insistant auquel il n’arrivait pas à donner de nom … auquel il ne voulait pas associé d’image … auquel il refusait même de penser ! Et puis cette chaleur insoutenable alors qu’il dévalait difficilement les escaliers avec ce bébé dans les bras. Il était essoufflé. Chaque bouffée d’air qu’il réussissait à emmagasiner lui brûlait les narines, la trachée et les poumons. Sans compter la charge que représentait ce petit être qu’il enveloppait précautionneusement de tout son corps. Comment une si petite chose pouvait-elle être aussi lourde ? Arrivé à l’extérieur, il leva la tête en direction du brasier qui prenait de l’ampleur au premier étage. Puis ses yeux se reportèrent sur l’enfant qu’il maintenait dans une étreinte protectrice. Il comprit que cet instant avait été un moment clé de sa vie, un événement déterminant pour son avenir.
Et puis, comme s’il venait de changer de chaîne, il se trouva propulsé dans un autre lieu. Le bébé avait grandit un peu. Il se tenait assis sur un vieux fauteuil bien trop vaste pour lui. Sa bouche était barbouillée de cette espèce de purée verte malodorante qu’il tentait de lui faire ingurgiter. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? Des épinards ? De toute évidence, il devait faire des singeries pour réussir à lui enfourner la cuillère. Le petit bout d’chou alternait donc rires et grimaces de dégoût. Soudain, il s’arrêta, le fixa longuement de ses petits yeux souriants. Puis il tendit ses minuscules mains vers lui et, tout en projetant une flopée de postillons verdâtres, il prononça un mot qu’il ne put malheureusement pas entendre. Pourtant ce qu’avait dit ce bébé devait être de toute première importance car il lâcha l’assiette et le contenu se répandit sur le sol, faisant éclater de rire le petit par la même occasion.
Zap ! Quelques mois plus tard. Le bébé s’était transformé en « mini-garçonnet ». Il essayait de se mettre debout en prenant appui sur une chaise. Après une tentative infructueuse qui se solda par une chute sur les fesses, il retenta sa chance et fut récompensé de ses efforts. Extrêmement fier de sa prouesse, il se retourna vers lui, un immense sourire satisfait aux lèvres. Hardi, il lâcha une première main puis la deuxième, gardant un équilibre plus que relatif. Enfin, il se lança et fit quelques pas dans sa direction avant de s’étaler de tout son long sur le sol. Il se précipita à son secours, le relevant délicatement. Mais alors qu’il pensait le trouver en larmes, il vit son magnifique sourire et sa mine réjouie avant de se séparer de son étreinte et de renouveler l’expérience.
Autre moment, autre lieu. Il était couché mais il ne dormait pas. La lumière d’un lampadaire filtrait à travers les rideaux de la chambre éclairant un bambin en pyjama, âgé d’environ quatre ans. Il se tenait debout près du lit, les yeux brillants, certainement victime d’un mauvais rêve. Sans qu’aucune parole ne soit échangée, il souleva les draps, l’invitant par ce simple geste à venir se réfugier près de lui. L’enfant se rua sous les couvertures et se blottit contre lui avant de sombrer dans le sommeil.
Il courait à en perdre haleine. De toute évidence, il était en retard. A l’angle d’une rue, il prit sur la droite. Son regard se porta instinctivement sur l’enfant assis seul sur le bord du trottoir, devant une grille fermée où un écriteau indiquait l’école primaire. En l’entendant arriver, le petit garçon releva la tête, lui adressa un sourire, prit son cartable et se mit debout. Son visage ne lui envoyait aucune animosité, aucun reproche pour son retard. Au contraire, son regard reflétait tout le bonheur et le soulagement de le voir arriver. Là encore, aucune parole ne fut échangée. Il se contenta de prendre son sac bien trop lourd pour un petit bonhomme de cet âge-là et ils rebroussèrent chemin côte à côte.
D’autres images défilèrent de la même manière : l’enfant brandissant joyeusement la coupe que son équipe et lui venaient de gagner à un match de football, le petit garçon boudeur qui aurait préféré mille fois continuer sa lecture plutôt que perdre son temps à table où il était forcé de manger, le garnement capable de se faire tout pardonner d’un simple regard, l’infatigable curieux qui posait mille et une questions auxquelles il ne pouvait lui fournir de réponse …
Et c’était à ce moment précis que son rêve dérapait, qu’il se transformait en cauchemar et que, la dernière fois, il s’était réveillé en sursaut. Il se sentait oppressé. D’un côté, il voulait comprendre, se souvenir, mais d’un autre, il savait qu’il avait la réponse bien enfouie dans un coin de sa tête et qu’il était préférable de la laisser où elle était. Le petit gars tendait vers lui un livre, une sorte de journal personnel empli de notes variées et de coupures de journaux. Il le regardait fixement, attendant des réponses à ses questions. Si parfois les mots n’étaient pas utiles, ils avaient ici toute leur importance. Et même s’il n’était pas en mesure de les entendre, ils faisaient mal, très mal. Le visage de ce jeune garçon d’environ huit ans se décomposait à mesure qu’ils avançaient dans la conversation. De son côté, sa gorge était nouée, sa respiration saccadée, l’air refusant d’entrer dans ses poumons meurtris et son torse était comme serré dans un étau. Le malaise s’amplifia jusqu’à la déconnexion totale de son cerveau. NON ! Et comme la première fois, il se réveilla haletant.
***
Son premier réflexe fut d’examiner en un clin d’œil, mais de fond en comble, le lieu où il se trouvait. Il n’était plus dans cette salle stérile où il s’était réveillé la première fois. Il découvrit alors une chambre individuelle, d’un blanc immaculé. L’air ambiant était chargé d’éther et les bips du monitoring explosaient dans sa tête comme le feraient de minuscules bombes à intervalle réguliers. Il ne désirait qu’une seule chose : se barrer d’ici ! Et le plus rapidement serait le mieux.
Quant au médecin bougon aux petites lunettes rondes qui lui avait pris la tête avec ses questions auxquelles il n’avait pas de réponse, il avait disparu. En revanche, assis sur une chaise près de lui, il y avait ce grand gaillard aux cheveux bien trop longs qui dissimulaient en partie ses yeux emplis d’inquiétude. Si cet homme n’avait pas été âgé d’un quart de siècle environ, il aurait pu jurer qu’il s’agissait du même petit garçon qu’il avait vu dans son rêve. Tout était dans son regard. Et sans même le connaître, sans même pouvoir lui attribuer un prénom, un lien de parenté ou tout autre type de relation avec lui, il savait au plus profond de lui-même que c’était quelqu’un de proche, une personne qu’il appréciait et en qui il pouvait avoir toute confiance.
- Dean ? Comment tu te sens ? Lui demanda-t-il.
Il avait pourtant chuchoté mais chaque parole résonnait encore dans son crâne douloureux. Alors, c’était ça son nom ? Dean. Il regarda l’inconnu qui le fixait, attendant toujours une réponse. De sa bouche pâteuse, il essaya d’accéder à sa requête :
- Mal à la tête, réussit-il à articuler dans un souffle.
- Ben, c’est normal avec ce qui t’es arrivé. Tu veux que j’appelle le médecin ?
Il refusa d’un léger signe de tête. Bouger le faisait autant souffrir que parler ou même écouter.
- Qu’est-ce que je peux faire pour toi, alors ?
Il avait une furieuse envie de lui dire de commencer par arrêter de poser des questions mais ça aurait été trop long. Il se contenta donc d’un :
- Rien.
L’homme devant lui se rembrunit. Sa moue déconfite et ses yeux malheureux l’obligèrent à rassembler toute son énergie pour changer d’attitude. Il ne le connaissait pas mais il ne supportait pas de le voir dans cet état.
- Merci de t’inquiéter pour moi. Mais ça va aller, se força-t-il à dire tout en essayant d’être convaincant.
Aussitôt, l’inconnu se détendit et lui sourit timidement. Sans se l’expliquer, il se sentit mieux également. Le seul problème, c’est qu’il venait d’encourager ce mec à reprendre ses foutues questions :
- Tu ne me demandes pas où est ton bébé ?
Ah ! Une info intéressante. Il avait fait ce même rêve deux fois. C’était donc bien qu’il avait une signification. Il mit donc tous ses espoirs dans cette question qui lui brûlait les lèvres :
- J’ai … un enfant ? Osa-t-il avec plein d’espérance.
- Non, Dean ! Je te parle de ta voiture, l’amour de ta vie !
- Ah, fit-il déçu et complètement perdu.
L’inconnu l’observa une minute, interdit. Puis il plissa les yeux comme s’il se méfiait. Il avait l’air de beaucoup cogiter. Enfin, il ouvrit la bouche pour parler, se ravisa avec un sourire en coin et finit par se lancer :
- Oh arrête ! Tu ne vas pas me faire croire que tu ne te souviens pas de ta caisse, Jason Bourne !?
- J’croyais que je m’appelais Dean, s’inquiéta-t-il, ne comprenant vraiment plus rien à cette conversation.
Cette fois, le mec en face de lui écarquilla les yeux, visiblement très surpris de sa réponse. Puis il fronça les sourcils et le scruta intensément. Au bout de quelques instants, son air de chien battu réapparut.
Il lui aurait bien dit quelque chose de réconfortant mais il n’avait aucune idée de se qui se tramait dans sa tête. Ses réactions étaient bizarres. Il agissait comme s’il ne croyait pas en son amnésie. A moins que le médecin ne lui ait pas dit qu’il avait perdu la mémoire. Il était sur le point d’évoquer le sujet mais, d’une voix étranglée, le grand gaillard le devança en lui posant la question fatidique :
- Mais Dean, enfin quand même, tu … tu sais qui je suis ?

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Je déteste toujours autant la réceptionniste même après avoir lu plus de trois fois ta fic (entre le postage sur chaque site et les relectures pour bien s'endormir XD).
Les souvenirs de Dean sont poignants surtout quand on peut deviner qui est concerné. Je suis triste pour lui lorsqu'il apprend qu'il n'a pas de fils. Le pauvre.
Et Sam... il est tout choupi. Il est perdu sans son grand-frère pour assurer la situation. Heureusement, l'infirmière le rassure comme elle peut et veille un peu sur lui.
Remarque, même si Dean est amnésique d'après ton dernier paragraphe, on peut noter qu'il n'aime pas faire de la peine pour Sammy. Kyaaaahhh, j'adore.
Comme à mon habitude, j'attends avec toujours autant d'impatience, la suite de ta fic.
Les souvenirs de Dean sont poignants surtout quand on peut deviner qui est concerné. Je suis triste pour lui lorsqu'il apprend qu'il n'a pas de fils. Le pauvre.
Et Sam... il est tout choupi. Il est perdu sans son grand-frère pour assurer la situation. Heureusement, l'infirmière le rassure comme elle peut et veille un peu sur lui.
Remarque, même si Dean est amnésique d'après ton dernier paragraphe, on peut noter qu'il n'aime pas faire de la peine pour Sammy. Kyaaaahhh, j'adore.
Comme à mon habitude, j'attends avec toujours autant d'impatience, la suite de ta fic.

Jubei/Kazuki- Trenchcoat de Castiel

-

Nombre de messages: 1656
Age: 21
Prénom: Natacha
Frère Préféré: Sammy et Dean XD
Date d'inscription: 12/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Merci Jubei/Kazuki !!!! Toi on peut vraiment dire que tu es très fidèle entre tes re re lectures et le nombre de tes commentaires !!!!
Méga contente !!!!
Gros bisous
Méga contente !!!!Gros bisous

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Ah bon, c'est vrai ???
Bah je vais y remédier de ce pas alors !!!!
Bah je vais y remédier de ce pas alors !!!!

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Re: Les fanfics de Lydean
Chapitre 5
Les idées se bousculaient dans sa tête. Quant à ses sentiments, il était incapable de définir lequel allait l’emporter sur les autres. D’abord il était frustré : le médecin était entré dans la chambre de son aîné et il les avait interrompus au plus mauvais moment de leur conversation. Voyant que Dean était effectivement réveillé, l’infirmière entêtée qui l’accompagnait lui avait demandé de sortir de la chambre afin que le neurochirurgien puisse examiner son frère dans le calme. Il lui avait alors demandé une minute, juste le temps pour lui de faire comprendre à Dean qu’il était son frère et qu’il resterait près de lui quoiqu’il arrive, mais elle l’avait viré sans ménagement et sans accéder à sa requête. Du coup, une colère froide vis à vis de cette foutue bonne femme s’était développée à une vitesse fulgurante. Et puis dans l’heure qui avait suivi, l’anxiété avait repris le dessus. Dean amnésique c’était comme Dean chaste, Dean au régime ou Dean sans sa caisse, ça relevait de l’impossible.
Il avait ressenti un immense soulagement tout à l’heure lorsqu’il l’avait vu ouvrir les yeux. Mais par la suite, leur conversation avait pris une tournure toute particulière. Il s’était attendu à ce que le réveil soit douloureux et de ce côté-là, il avait été plus que servi. Toutefois, il avait pensé recevoir quelques reproches de la part de son grand frère surprotecteur, lui demandant de faire plus attention la prochaine fois, d’être plus vigilent ... Mais rien n’était venu et cela avait fait naître les premiers doutes. Il connaissait Dean plus qu’il ne se connaissait lui-même. Il n’aurait jamais été à ce point fâché pour refuser de lui parler ou accepter de l’aide de la part de son petit frère. Ce n’était pas dans ses habitudes. Son scepticisme avait repris le dessus lorsque son aîné avait fait mine de ne pas se rappeler de l’Impala, son cher bébé, l’amour de sa vie. Là encore, cela aurait pu s’apparenter à une mauvaise blague, une manière bien particulière de le punir de l’avoir laissé tout seul face au wendigo dans la grotte. Mais Dean n’était pas ce genre d’homme. Il ne l’avait jamais été. D’ailleurs, Sam était persuadé que si son frère avait été dans son état normal, il aurait tout fait pour lui ôter ce sentiment de culpabilité qui l’assaillait.
Lorsque le médecin lui avait expliqué que son aîné était désorienté lors de son premier réveil, il n’avait pas du tout été surpris. Il s’attendait même, pourquoi pas, à une légère amnésie concernant les derniers événements. Ses blessures paraissaient vraiment importantes. Le choc avait dû être extrêmement violent. Et aussi fort que puisse être Dean, il ne pouvait pas s’en sortir sans quelques séquelles. En revanche il ne s’était pas attendu à ce que la perte de mémoire soit aussi importante. Comment ne pouvait-il pas se souvenir de son prénom ou de sa chère voiture ? Le moment le plus douloureux fut celui où son grand frère lui avait avoué ne pas le reconnaître. D’abord abasourdi, il n’en avait pas moins été vexé. N’avaient-ils pas passé toute leur vie ensemble ? Ne se connaissaient-ils pas sur le bout des doigts ? Comment Dean avait-il pu oublier jusqu’à son propre frère, celui dont il avait pris tant de soin à s’occuper depuis son plus jeune âge ? Mais il s’était vite raisonné : il savait que son aîné n’aurait jamais voulu ça. Il n’était pas aussi cruel. Il était bel et bien amnésique et il n’y pouvait rien. D’autre part, s’il était aujourd’hui dans cet état c’était bien en grande partie de sa faute. Il essaya tant bien que mal de laisser son sentiment de culpabilité de côté afin d’avoir les idées plus claires. Il était de son devoir de cadet de trouver une solution pour résoudre au plus vite cette nouvelle épreuve.
Il était dans ce couloir impersonnel qui puait les produits aseptisants. Les secondes défilaient au ralenti, mollement, formant difficilement une nouvelle minute tout aussi lente. Qu’est-ce qui pouvait prendre autant de temps ? Il avait besoin d’avoir des nouvelles de son frère. Il se rendit à l’accueil de l’étage avec l’espoir d’y trouver la gentille infirmière, celle qui était si à l’écoute, celle qui lui rendrait probablement ce service. Mais, malheureusement, il ne la vit pas. Même la « mâchouillante » n’était pas là. Peut-être avaient-elles toutes deux terminé leur service. Il fit demi-tour et eut juste le temps de voir le neurochirurgien, l’infirmière tenace et Dean, installé dans un fauteuil roulant, quitter la chambre. Il se précipita vers le petit groupe, leur demandant ce qu’il se passait. Le docteur Monroe lui rappela qu’il devait faire passer des examens complémentaires à son frère et qu’il l’aviserait des résultats lorsque ce serait terminé. Il resta donc planté là un bon moment jusqu’à ce qu’une nouvelle infirmière, qui paraissait bien plus âgée que la plupart des femmes qu’il avait rencontrées dans l’hôpital, vienne lui parler.
- M. Mahoggoff ?
Il se tourna vers elle et acquiesça de la tête. Elle poursuivit :
- Avant de quitter son service, ma collègue m’a parlé de vous. Elle m’a demandé de vous rassurer au mieux jusqu’à son retour ce soir et, à vous voir, je comprends pourquoi elle l’a fait. Vous avez très mauvaise mine mon p’tit ! Constata-t-elle sur un ton maternel avant de reprendre de manière plus formelle. Vous savez, les examens peuvent être longs et nous pensons que vous devriez en profiter pour vous restaurer et vous reposer un peu. Votre frère est entre de bonnes mains, je peux vous l’assurer. Nous avons un numéro pour vous joindre en cas de besoin alors tranquillisez-vous. Profitez-en pour prendre soin de vous. Vous avez l’air exténué.
Il remercia cette femme pour sa compassion, la regarda s’éloigner puis resta encore planté là quelques instants. Il ne voulait pas abandonner Dean encore une fois. D’un autre côté, il savait qu’il ne pouvait rien faire de plus, il était réellement épuisé et à vrai dire, la plaie sur son dos s’était réveillée et le faisait souffrir. D’un pas lent et mal assuré, il prit finalement la direction du motel.
Il revint toutefois en fin d’après-midi, pas réellement reposé et toujours aussi inquiet. Il apprit que son aîné avait réintégré sa chambre et que le docteur Monroe souhaitait s’entretenir avec lui dès que possible. En attendant, il obtint l’autorisation d’aller voir son frère. Celui-ci dormait paisiblement. Le bandage autour de sa tête avait disparu et seul un énorme pansement était appliqué sur sa tempe gauche. Son bras plâtré était enfoui sous les couvertures. Le goutte-à-goutte était branché sur son bras droit et le monitoring avait, quant à lui, disparu.
Il s’installa confortablement sur la chaise, près du lit et constata qu’il lui serait bien plus simple de s’endormir ici et maintenant que précédemment au motel. Il ne se réveilla que deux heures plus tard lorsque l’infirmière vint le chercher.
***
Ce fut donc dans la soirée que Sam s’assit dans un petit bureau, en face du neurochirurgien qui s’était occupé de son frère. Il avait du mal à tenir sur sa chaise. Il était partagé entre le fait de connaître l’état exact dans lequel se trouvait Dean et être près de lui de manière à pouvoir le rassurer dès qu’il ouvrirait les yeux. Et si pendant son absence, les choses se compliquaient ? Pourquoi ce foutu docteur l’avait-il emmené à l’autre bout du dédale de couloirs, un endroit si éloigné de la chambre de son aîné ? En plus, la pièce était si exiguë qu’il commençait à ressentir la claustrophobie. Et pourquoi le médecin le regardait-il si fixement ? Qu’est-ce que c’était que ce dossier qu’il martyrisait dans ses mains depuis tout à l’heure ? Si c’était celui de son frère, que cachait-il ? Si ce mec en blanc n’ouvrait pas la bouche dans la seconde, il allait devenir fou !
- Vous vous sentez bien M. Mahoggoff ?
- Oui, ça va. Que pouvez-vous me dire sur mon frère, docteur ?
- Eh bien, la bonne nouvelle, comme je vous l’ai déjà dit, c’est que les jours de votre frère ne sont pas en danger. Il s’avère que la blessure était assez superficielle et il y a donc eu plus de peur que de mal. Sans compter la vitesse plutôt surprenante à laquelle son organisme se régénère. J’ai ici les résultats du scanner où vous pouvez constater que tout est pour le mieux compte tenu, bien évidemment, de l’accident grave qu’il a subi … Vous voyez, c’est le lobe temporal qui a été le plus touché …
Le médecin lui montrait des documents qui n’avaient aucun sens pour lui. Il déglutit difficilement : Si ça c’était la bonne nouvelle, alors qu’elle était la mauvaise ? Il ne pouvait pas attendre plus longtemps et le coupa dans ses explications.
- Oui mais … quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Comme j’essayais de vous l’expliquer, d’après certains neurochirurgiens, le lobe temporal serait le siège de la mémoire. Très honnêtement j’avais une autre théorie qui …
Mais qu’est qu’il en avait à faire de sa théorie !
- Docteur, s’il vous plaît ? Dites-moi ce qui arrive à mon frère ?
- Eh bien, c’est très étrange. J’ai pu échanger quelques mots avec lui et il ne se souvient apparemment de rien.
- C’est normal, non ? Avec le choc, l’opération ?
- Non. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne se souvient de rien du tout ! Même pas de son prénom, tout à l’heure il hésitait encore entre Dean et Jason ; ni même d’un élément marquant de sa vie. Rien.
- Oui, mais. Ca doit arriver parfois. J’veux dire quand il va se réveiller tout à l’heure, tout sera certainement comme avant ! Ou … dans quelques jours au maximum … J’veux dire ses souvenirs vont bien revenir à un moment ou à un autre ?!
Malgré son anxiété évidente, il trouvait rassurant de penser que lorsque Dean se réveillerait un peu plus en forme et qu’il le verrait de nouveau, la mémoire lui reviendrait automatiquement. Cette pensée ne fit qu’empirer son désir de le rejoindre au plus vite ! Malheureusement pour lui, le médecin n’avait pas l’air d’avoir terminé ses explications.
- Pour dire vrai, ce genre d’amnésie ne se rencontre qu’au cinéma. Dans la vie réelle, un traumatisme crânien peut, il est vrai, provoquer une amnésie temporaire. Celle qui concerne votre frère s’assimile plus à une amnésie rétrograde. C'est-à-dire qu’il ne se souvient plus d’événements qui auraient surgi avant l’accident. Mais la période concernée des souvenirs est plus ou moins longue et, en aucun cas, elle est totale. Normalement, la mémoire des faits anciens est conservée. Même dans les cas de démences profondes, l’amnésie est progressive et elle s’installe en suivant ce qu’on appelle le gradient de Ribot …
Il avait perdu le fil. Pourquoi parlait-il de démence ? Son frère n’était pas fou ! Il avait juste pris un mauvais coup. Il allait se remettre, c’était certain.
- Pour le moment, il ne présente pas de troubles antérogrades. Il ne donne pas l’impression d’avoir des difficultés à assimiler de nouvelles données.
- D’accord, le coupa-t-il exaspéré. Qu’est-ce que je peux faire pour qu’il recouvre la mémoire rapidement ?
- Le problème c’est que c’est la première fois que nous avons affaire à ce genre d’amnésie alors nous ne savons ni quel traitement appliquer, ni le temps que prendra cette perte de mémoire pour se résorber. Si, elle se résorbe ?! Jugea-t-il utile d’ajouter au grand désarroi de Sam. J’ai malgré tout une autre bonne nouvelle : les fonctions motrices de votre frère ne semblent pas être touchées. Son élocution est claire et ses propos sont concis. Il est évident que le lobe frontal n’a pas été touché. Nous ne savons pas encore s’il a gardé certaines facultés comme la lecture, l’écriture ou même la conduite … Jamais nous avons eu affaire à un tel cas … se perdit-il dans ses pensées. J’aimerais réaliser des analyses plus poussées …
- Mon frère n’est pas un cobaye ! Il est là pour être soigné et rien d’autre ! S’énerva Sam brusquement.
- Oui, je comprends, tenta le médecin pour l’apaiser. Mais avec le choc de l’accident et l’opération nous devons, de toute façon, le garder en observation encore quelques jours … pour sa sécurité, j’entends.
- Mais vous avez dit que ces jours n’étaient plus en danger ?!
- Oui, je confirme. Mais une plaie à la tête doit être sérieusement surveillée. Et je ne saurais trop vous suggérer de lui faire rencontrer un de mes collègues psychiatres qui évaluera plus précisément le type d’amnésie. Il pourra peut-être en déduire une durée approximative du phénomène et pourquoi pas, vous proposer un éventuel traitement.
Les manipulations plus qu’évidentes du médecin n’avaient aucune chance de le convaincre. D’autant plus qu’il restait persuadé que son frère allait vite se remettre. C’était Dean bon sang ! Mais le docteur Monroe poursuivait son raisonnement :
- Comme je vous l’expliquais tout à l’heure, ce genre d’amnésie n’existe pas dans la réalité. Deux cas de figures se présentent donc à nous : soit votre frère est un excellent simulateur … ce qui est fort peu probable, dut-il croire bon d’ajouter devant les grands yeux réprobateurs que lui lançait le cadet. Soit, outre la blessure physique, il fait un blocage psychologique. Et là, je ne vous parle pas de l’accident en lui-même. Cela remonte plus loin encore. Bien que je conçoive tout à fait qu’une attaque d’ours puisse être terriblement angoissante.
Ah ben là, Dean en avait vu d’autres, pensa Sam sans pouvoir l’évoquer à haute voix mais en affichant sans le vouloir, un pessimisme évident.
- Je vois à votre expression que vous n’êtes pas totalement convaincu par mes propos, poursuivit le neurochirurgien. Sachez que la partie psychologique n’est pas de mon ressort et que c’est pour cela que je vous encourage à accepter la visite d’une collègue très compétente qui saura, j’en suis persuadé, retrouver l’origine exacte de cette amnésie.
Comment expliquer à ce médecin que Dean et lui avaient eu une vie pourrie dès leur enfance ? Que les horreurs qu’ils avaient rencontrées auraient filé des blocages à n’importe qui ? Et qu’ils ne pouvaient en parler à personne sous peine d’être internés à perpétuité ?
- M. Mahoggoff, reprit le docteur Monroe devant son silence, vous m’avez l’air très concerné par l’état de santé de votre frère. Non ? Vous croyez ? Répondait Sam intérieurement. Ne souhaitez-vous donc pas l’aider au mieux ? D’après toi ? Bien sûr que c’est c’que je veux ! Il ne risque rien à évoquer son vécu. Ben voyons ! Sa santé n’en sera que meilleure. Ca, c’est vous qui le dîtes ! Et puis ce serait une chance de lui faire retrouver la mémoire plus rapidement. Ben, ça ne serait pas du luxe, ça ! Qu’est-ce que ça vous coûte de prendre le risque ? Des nuits d’insomnies à se demander ce qu’il a pu révéler, un probable internement en HP et une incontestable séquestration à vie en taule !
Ne trouvant aucune excuse honnête et valable pour refuser la proposition médicale, il acquiesça d’un subtil signe de tête.
- Bien. Je vais appeler tout de suite et prendre un rendez-vous pour lui dès demain matin. C’est Dean qui allait être ravi de se lever de bonne heure pour répondre à des questions ! Le plus tôt sera le mieux. C’est ça ! Avant que je change d’avis !
Pour la forme et parce qu’il avait quand même soigné son aîné, il remercia le neurochirurgien. Puis il prit congé et se dirigea vers la chambre de son frère. En chemin, il décida de faire ses propres recherches sur le sujet dès que possible et envisagea de prospecter pour trouver un autre centre de soins pour Dean dans le cas où ils seraient amenés à fuir en toute hâte cet hôpital.
***
Le journal, les yeux avides de connaissance du gamin, l’angoisse, le regard horrifié et peiné du petit garçon, le dégoût de soi et … Non ! Déconnexion. Ses paupières étaient toujours fermées mais il était réveillé. Il essayait de reprendre une respiration normale tout en essayant de comprendre pourquoi il n’arrivait pas aller plus loin dans son rêve.
- Dean ? Ca va ?
Tiens, le poseur de questions était de retour ! Il ouvrit les yeux et le découvrit sans réelle surprise, assis sur une chaise, près du lit. Il préféra le rassurer tout de suite :
- Ca va plutôt bien, articula-t-il d’une voix rauque. Je n’ai même plus mal au crâne. J’ai l’impression de planer, c’est trop cool !
Il devait avoir une attitude niaise car l’homme en face de lui réprima un fou rire. Il ressentit un bien fou à le voir abandonner son visage anxieux et triste pour afficher ce sourire moqueur. Quelque chose dans le regard de cet inconnu lui procurait un grand réconfort. Il savait qu’il le connaissait et qu’il l’appréciait. Ce n’était pas de l’amour au sens intime du terme mais il y avait malgré tout un lien fort entre eux. Et au-delà de ces intuitions, il le sentait digne de confiance. Quelle relation pouvait-il bien avoir avec ce mec aux yeux de chien battu qui le dévisageait sans cesse. Il voulu s’en assurer et se décida à lui poser la question.
- Est-ce qu’on est … ensemble ?
- Oui … Non ! S’exclama-t-il alors qu’il venait visiblement de comprendre le mot « ensemble ». On est frère, Dean ! Lui lança-t-il comme si c’était évident, un voile obscure ternissant de nouveau son visage.
- Oh ! Se contenta-t-il de répondre tout en essayant de se rappeler.
Dans un sens, c’était plutôt logique. Bien qu’il n’ait aucun souvenir, il avait l’impression de le connaître depuis toujours et ça correspondait tout à fait au sentiment qu’il essayait de définir précédemment : c’était évidemment de l’amour fraternel. Il s’aperçut de la déception qu’essayait de camoufler son frère derrière son timide sourire. A cet instant, il aurait tout donné pour se souvenir et pouvoir le rassurer mais malheureusement ce n’était pas possible dans l’état actuel des choses. Il décida donc de récolter un maximum d’informations pour remédier à ce problème rapidement.
- Et c’est toi l’aîné ?!
- Ben dans la mesure où tu estimes que l’aîné a toujours raison, j’te dirais bien « oui », fit-il avec une moue faussement indécise. Mais j’suis pas sûr que ça t’aiderait à retrouver la mémoire alors …
- Tu rigoles ?! Toi, t’es mon p’tit frère ! Mais t’es un putain de géant !
- C’est vrai que tu fais plutôt nabot à côté de moi, se moqua-t-il en réaffichant cet air malicieux qui le caractérisait plutôt bien.
- Ouais ben si tu veux pas qu’j’t’appelle géant vert, tu vas devoir me filer ton prénom l’incroyable Hulk !
- Comment t’expliques que tu te rappelles de Hulk et pas de Jason Bourne ?
- C’est une bonne question. Tu veux bien répondre à la mienne d’abord !
- C’est Sam, l’informa-t-il enfin dans un soupir.
- Merci Sam. Je ne sais pas pourquoi je me souviens de certaines choses et pas d’autres. Et puis d’abord, c’est qui celui-là, Jason Bourne ?
- C’est le personnage principal du film « La mémoire dans la peau » et il est amnésique. Si j’en ai parlé c’est parce que tu as l’habitude de faire des références aux films et aux séries que tu vois à la télé.
- Ah, OK ! Ben, j’m’en souviens pas de celui-là, alors. Mais je vois bien qui est l’incroyable Hulk par contre ! Se réjouit-il à l’idée que tout n’était pas perdu.
- Tu te souviens de quoi d’autre ? Lui demanda son « p’tit grand frère », les yeux pleins d’espérance.
- De ma vie, autant dire : rien … Je suis désolé, jugea-t-il bon d’ajouter devant l’anéantissement qu’il venait de provoquer en quelque mots.
Il était très aisé de voir que les espoirs de Sam venaient de s’envoler en fumée. Et pour appuyer ce constat, ses yeux de chien battus avaient fait leur grand retour. Un profond mal-être naquit en lui et il savait que ce n’était pas la première fois qu’il avait cette impression, ce sentiment d’intense culpabilité. Avait-il l’habitude de faire souffrir son frère ? Et pourquoi Sam était-il la seule personne à venir lui rendre visite ? Les autres avaient-ils fui devant son insupportable caractère ? Il brisa le silence pesant qui venait de s’installer :
- Dis Sam, réponds-moi franchement : Est-ce que je suis un sale con ?
- Quoi ? Mais pourquoi tu me demandes ça ? S’enquit son frère, les yeux écarquillés.
- Génial, j’suis tombé sur le seul mec qui répond à mes questions en en posant deux autres ! S’énerva-t-il sans le vouloir. C’est simple je trouve : je suis un con, oui ou non ?!
- Non, Dean. C’est vrai que tu peux être chiant parfois mais t’es surtout quelqu’un de bien. Et … J’devrais pas dire ça parce que je sais que tu te feras une joie de t’en servir contre moi à l’avenir mais … t’es un grand frère génial, j’t’assure.
- Vraiment ? Demanda-t-il plus que sceptique. Parce qu’à part toi, personne ne se bouscule à la porte de ma chambre pour avoir de mes nouvelles.
A ces mots, il vit son frère devenir blanc. Sa bouche resta ouverte comme s’il allait lui répondre mais aucune parole n’arrivait à en sortir.
- T’as décidé de faire de la pub pour la lessive ou quoi ? Si tu te mets dans cet état à chaque fois que je te pose une question, on est mal barré. Bah, écoute, laisse tomber ! C’est pas grave si tu n’as pas envie de me répondre. Je comprends, ça doit être lourd d’avoir un frangin qui passe son temps à poser des questions …
- C’est pas ça, le coupa-t-il. Apparemment, il avait retrouvé l’usage de ses cordes vocales. C’est juste que … c’est pas facile à dire … si je suis ton seul visiteur c’est parce que … il soupira … Il n’y a plus que nous deux.
Les idées se bousculaient dans sa tête. Quant à ses sentiments, il était incapable de définir lequel allait l’emporter sur les autres. D’abord il était frustré : le médecin était entré dans la chambre de son aîné et il les avait interrompus au plus mauvais moment de leur conversation. Voyant que Dean était effectivement réveillé, l’infirmière entêtée qui l’accompagnait lui avait demandé de sortir de la chambre afin que le neurochirurgien puisse examiner son frère dans le calme. Il lui avait alors demandé une minute, juste le temps pour lui de faire comprendre à Dean qu’il était son frère et qu’il resterait près de lui quoiqu’il arrive, mais elle l’avait viré sans ménagement et sans accéder à sa requête. Du coup, une colère froide vis à vis de cette foutue bonne femme s’était développée à une vitesse fulgurante. Et puis dans l’heure qui avait suivi, l’anxiété avait repris le dessus. Dean amnésique c’était comme Dean chaste, Dean au régime ou Dean sans sa caisse, ça relevait de l’impossible.
Il avait ressenti un immense soulagement tout à l’heure lorsqu’il l’avait vu ouvrir les yeux. Mais par la suite, leur conversation avait pris une tournure toute particulière. Il s’était attendu à ce que le réveil soit douloureux et de ce côté-là, il avait été plus que servi. Toutefois, il avait pensé recevoir quelques reproches de la part de son grand frère surprotecteur, lui demandant de faire plus attention la prochaine fois, d’être plus vigilent ... Mais rien n’était venu et cela avait fait naître les premiers doutes. Il connaissait Dean plus qu’il ne se connaissait lui-même. Il n’aurait jamais été à ce point fâché pour refuser de lui parler ou accepter de l’aide de la part de son petit frère. Ce n’était pas dans ses habitudes. Son scepticisme avait repris le dessus lorsque son aîné avait fait mine de ne pas se rappeler de l’Impala, son cher bébé, l’amour de sa vie. Là encore, cela aurait pu s’apparenter à une mauvaise blague, une manière bien particulière de le punir de l’avoir laissé tout seul face au wendigo dans la grotte. Mais Dean n’était pas ce genre d’homme. Il ne l’avait jamais été. D’ailleurs, Sam était persuadé que si son frère avait été dans son état normal, il aurait tout fait pour lui ôter ce sentiment de culpabilité qui l’assaillait.
Lorsque le médecin lui avait expliqué que son aîné était désorienté lors de son premier réveil, il n’avait pas du tout été surpris. Il s’attendait même, pourquoi pas, à une légère amnésie concernant les derniers événements. Ses blessures paraissaient vraiment importantes. Le choc avait dû être extrêmement violent. Et aussi fort que puisse être Dean, il ne pouvait pas s’en sortir sans quelques séquelles. En revanche il ne s’était pas attendu à ce que la perte de mémoire soit aussi importante. Comment ne pouvait-il pas se souvenir de son prénom ou de sa chère voiture ? Le moment le plus douloureux fut celui où son grand frère lui avait avoué ne pas le reconnaître. D’abord abasourdi, il n’en avait pas moins été vexé. N’avaient-ils pas passé toute leur vie ensemble ? Ne se connaissaient-ils pas sur le bout des doigts ? Comment Dean avait-il pu oublier jusqu’à son propre frère, celui dont il avait pris tant de soin à s’occuper depuis son plus jeune âge ? Mais il s’était vite raisonné : il savait que son aîné n’aurait jamais voulu ça. Il n’était pas aussi cruel. Il était bel et bien amnésique et il n’y pouvait rien. D’autre part, s’il était aujourd’hui dans cet état c’était bien en grande partie de sa faute. Il essaya tant bien que mal de laisser son sentiment de culpabilité de côté afin d’avoir les idées plus claires. Il était de son devoir de cadet de trouver une solution pour résoudre au plus vite cette nouvelle épreuve.
Il était dans ce couloir impersonnel qui puait les produits aseptisants. Les secondes défilaient au ralenti, mollement, formant difficilement une nouvelle minute tout aussi lente. Qu’est-ce qui pouvait prendre autant de temps ? Il avait besoin d’avoir des nouvelles de son frère. Il se rendit à l’accueil de l’étage avec l’espoir d’y trouver la gentille infirmière, celle qui était si à l’écoute, celle qui lui rendrait probablement ce service. Mais, malheureusement, il ne la vit pas. Même la « mâchouillante » n’était pas là. Peut-être avaient-elles toutes deux terminé leur service. Il fit demi-tour et eut juste le temps de voir le neurochirurgien, l’infirmière tenace et Dean, installé dans un fauteuil roulant, quitter la chambre. Il se précipita vers le petit groupe, leur demandant ce qu’il se passait. Le docteur Monroe lui rappela qu’il devait faire passer des examens complémentaires à son frère et qu’il l’aviserait des résultats lorsque ce serait terminé. Il resta donc planté là un bon moment jusqu’à ce qu’une nouvelle infirmière, qui paraissait bien plus âgée que la plupart des femmes qu’il avait rencontrées dans l’hôpital, vienne lui parler.
- M. Mahoggoff ?
Il se tourna vers elle et acquiesça de la tête. Elle poursuivit :
- Avant de quitter son service, ma collègue m’a parlé de vous. Elle m’a demandé de vous rassurer au mieux jusqu’à son retour ce soir et, à vous voir, je comprends pourquoi elle l’a fait. Vous avez très mauvaise mine mon p’tit ! Constata-t-elle sur un ton maternel avant de reprendre de manière plus formelle. Vous savez, les examens peuvent être longs et nous pensons que vous devriez en profiter pour vous restaurer et vous reposer un peu. Votre frère est entre de bonnes mains, je peux vous l’assurer. Nous avons un numéro pour vous joindre en cas de besoin alors tranquillisez-vous. Profitez-en pour prendre soin de vous. Vous avez l’air exténué.
Il remercia cette femme pour sa compassion, la regarda s’éloigner puis resta encore planté là quelques instants. Il ne voulait pas abandonner Dean encore une fois. D’un autre côté, il savait qu’il ne pouvait rien faire de plus, il était réellement épuisé et à vrai dire, la plaie sur son dos s’était réveillée et le faisait souffrir. D’un pas lent et mal assuré, il prit finalement la direction du motel.
Il revint toutefois en fin d’après-midi, pas réellement reposé et toujours aussi inquiet. Il apprit que son aîné avait réintégré sa chambre et que le docteur Monroe souhaitait s’entretenir avec lui dès que possible. En attendant, il obtint l’autorisation d’aller voir son frère. Celui-ci dormait paisiblement. Le bandage autour de sa tête avait disparu et seul un énorme pansement était appliqué sur sa tempe gauche. Son bras plâtré était enfoui sous les couvertures. Le goutte-à-goutte était branché sur son bras droit et le monitoring avait, quant à lui, disparu.
Il s’installa confortablement sur la chaise, près du lit et constata qu’il lui serait bien plus simple de s’endormir ici et maintenant que précédemment au motel. Il ne se réveilla que deux heures plus tard lorsque l’infirmière vint le chercher.
***
Ce fut donc dans la soirée que Sam s’assit dans un petit bureau, en face du neurochirurgien qui s’était occupé de son frère. Il avait du mal à tenir sur sa chaise. Il était partagé entre le fait de connaître l’état exact dans lequel se trouvait Dean et être près de lui de manière à pouvoir le rassurer dès qu’il ouvrirait les yeux. Et si pendant son absence, les choses se compliquaient ? Pourquoi ce foutu docteur l’avait-il emmené à l’autre bout du dédale de couloirs, un endroit si éloigné de la chambre de son aîné ? En plus, la pièce était si exiguë qu’il commençait à ressentir la claustrophobie. Et pourquoi le médecin le regardait-il si fixement ? Qu’est-ce que c’était que ce dossier qu’il martyrisait dans ses mains depuis tout à l’heure ? Si c’était celui de son frère, que cachait-il ? Si ce mec en blanc n’ouvrait pas la bouche dans la seconde, il allait devenir fou !
- Vous vous sentez bien M. Mahoggoff ?
- Oui, ça va. Que pouvez-vous me dire sur mon frère, docteur ?
- Eh bien, la bonne nouvelle, comme je vous l’ai déjà dit, c’est que les jours de votre frère ne sont pas en danger. Il s’avère que la blessure était assez superficielle et il y a donc eu plus de peur que de mal. Sans compter la vitesse plutôt surprenante à laquelle son organisme se régénère. J’ai ici les résultats du scanner où vous pouvez constater que tout est pour le mieux compte tenu, bien évidemment, de l’accident grave qu’il a subi … Vous voyez, c’est le lobe temporal qui a été le plus touché …
Le médecin lui montrait des documents qui n’avaient aucun sens pour lui. Il déglutit difficilement : Si ça c’était la bonne nouvelle, alors qu’elle était la mauvaise ? Il ne pouvait pas attendre plus longtemps et le coupa dans ses explications.
- Oui mais … quoi ? Qu’est-ce qui ne va pas ?
- Comme j’essayais de vous l’expliquer, d’après certains neurochirurgiens, le lobe temporal serait le siège de la mémoire. Très honnêtement j’avais une autre théorie qui …
Mais qu’est qu’il en avait à faire de sa théorie !
- Docteur, s’il vous plaît ? Dites-moi ce qui arrive à mon frère ?
- Eh bien, c’est très étrange. J’ai pu échanger quelques mots avec lui et il ne se souvient apparemment de rien.
- C’est normal, non ? Avec le choc, l’opération ?
- Non. Ce que je veux dire, c’est qu’il ne se souvient de rien du tout ! Même pas de son prénom, tout à l’heure il hésitait encore entre Dean et Jason ; ni même d’un élément marquant de sa vie. Rien.
- Oui, mais. Ca doit arriver parfois. J’veux dire quand il va se réveiller tout à l’heure, tout sera certainement comme avant ! Ou … dans quelques jours au maximum … J’veux dire ses souvenirs vont bien revenir à un moment ou à un autre ?!
Malgré son anxiété évidente, il trouvait rassurant de penser que lorsque Dean se réveillerait un peu plus en forme et qu’il le verrait de nouveau, la mémoire lui reviendrait automatiquement. Cette pensée ne fit qu’empirer son désir de le rejoindre au plus vite ! Malheureusement pour lui, le médecin n’avait pas l’air d’avoir terminé ses explications.
- Pour dire vrai, ce genre d’amnésie ne se rencontre qu’au cinéma. Dans la vie réelle, un traumatisme crânien peut, il est vrai, provoquer une amnésie temporaire. Celle qui concerne votre frère s’assimile plus à une amnésie rétrograde. C'est-à-dire qu’il ne se souvient plus d’événements qui auraient surgi avant l’accident. Mais la période concernée des souvenirs est plus ou moins longue et, en aucun cas, elle est totale. Normalement, la mémoire des faits anciens est conservée. Même dans les cas de démences profondes, l’amnésie est progressive et elle s’installe en suivant ce qu’on appelle le gradient de Ribot …
Il avait perdu le fil. Pourquoi parlait-il de démence ? Son frère n’était pas fou ! Il avait juste pris un mauvais coup. Il allait se remettre, c’était certain.
- Pour le moment, il ne présente pas de troubles antérogrades. Il ne donne pas l’impression d’avoir des difficultés à assimiler de nouvelles données.
- D’accord, le coupa-t-il exaspéré. Qu’est-ce que je peux faire pour qu’il recouvre la mémoire rapidement ?
- Le problème c’est que c’est la première fois que nous avons affaire à ce genre d’amnésie alors nous ne savons ni quel traitement appliquer, ni le temps que prendra cette perte de mémoire pour se résorber. Si, elle se résorbe ?! Jugea-t-il utile d’ajouter au grand désarroi de Sam. J’ai malgré tout une autre bonne nouvelle : les fonctions motrices de votre frère ne semblent pas être touchées. Son élocution est claire et ses propos sont concis. Il est évident que le lobe frontal n’a pas été touché. Nous ne savons pas encore s’il a gardé certaines facultés comme la lecture, l’écriture ou même la conduite … Jamais nous avons eu affaire à un tel cas … se perdit-il dans ses pensées. J’aimerais réaliser des analyses plus poussées …
- Mon frère n’est pas un cobaye ! Il est là pour être soigné et rien d’autre ! S’énerva Sam brusquement.
- Oui, je comprends, tenta le médecin pour l’apaiser. Mais avec le choc de l’accident et l’opération nous devons, de toute façon, le garder en observation encore quelques jours … pour sa sécurité, j’entends.
- Mais vous avez dit que ces jours n’étaient plus en danger ?!
- Oui, je confirme. Mais une plaie à la tête doit être sérieusement surveillée. Et je ne saurais trop vous suggérer de lui faire rencontrer un de mes collègues psychiatres qui évaluera plus précisément le type d’amnésie. Il pourra peut-être en déduire une durée approximative du phénomène et pourquoi pas, vous proposer un éventuel traitement.
Les manipulations plus qu’évidentes du médecin n’avaient aucune chance de le convaincre. D’autant plus qu’il restait persuadé que son frère allait vite se remettre. C’était Dean bon sang ! Mais le docteur Monroe poursuivait son raisonnement :
- Comme je vous l’expliquais tout à l’heure, ce genre d’amnésie n’existe pas dans la réalité. Deux cas de figures se présentent donc à nous : soit votre frère est un excellent simulateur … ce qui est fort peu probable, dut-il croire bon d’ajouter devant les grands yeux réprobateurs que lui lançait le cadet. Soit, outre la blessure physique, il fait un blocage psychologique. Et là, je ne vous parle pas de l’accident en lui-même. Cela remonte plus loin encore. Bien que je conçoive tout à fait qu’une attaque d’ours puisse être terriblement angoissante.
Ah ben là, Dean en avait vu d’autres, pensa Sam sans pouvoir l’évoquer à haute voix mais en affichant sans le vouloir, un pessimisme évident.
- Je vois à votre expression que vous n’êtes pas totalement convaincu par mes propos, poursuivit le neurochirurgien. Sachez que la partie psychologique n’est pas de mon ressort et que c’est pour cela que je vous encourage à accepter la visite d’une collègue très compétente qui saura, j’en suis persuadé, retrouver l’origine exacte de cette amnésie.
Comment expliquer à ce médecin que Dean et lui avaient eu une vie pourrie dès leur enfance ? Que les horreurs qu’ils avaient rencontrées auraient filé des blocages à n’importe qui ? Et qu’ils ne pouvaient en parler à personne sous peine d’être internés à perpétuité ?
- M. Mahoggoff, reprit le docteur Monroe devant son silence, vous m’avez l’air très concerné par l’état de santé de votre frère. Non ? Vous croyez ? Répondait Sam intérieurement. Ne souhaitez-vous donc pas l’aider au mieux ? D’après toi ? Bien sûr que c’est c’que je veux ! Il ne risque rien à évoquer son vécu. Ben voyons ! Sa santé n’en sera que meilleure. Ca, c’est vous qui le dîtes ! Et puis ce serait une chance de lui faire retrouver la mémoire plus rapidement. Ben, ça ne serait pas du luxe, ça ! Qu’est-ce que ça vous coûte de prendre le risque ? Des nuits d’insomnies à se demander ce qu’il a pu révéler, un probable internement en HP et une incontestable séquestration à vie en taule !
Ne trouvant aucune excuse honnête et valable pour refuser la proposition médicale, il acquiesça d’un subtil signe de tête.
- Bien. Je vais appeler tout de suite et prendre un rendez-vous pour lui dès demain matin. C’est Dean qui allait être ravi de se lever de bonne heure pour répondre à des questions ! Le plus tôt sera le mieux. C’est ça ! Avant que je change d’avis !
Pour la forme et parce qu’il avait quand même soigné son aîné, il remercia le neurochirurgien. Puis il prit congé et se dirigea vers la chambre de son frère. En chemin, il décida de faire ses propres recherches sur le sujet dès que possible et envisagea de prospecter pour trouver un autre centre de soins pour Dean dans le cas où ils seraient amenés à fuir en toute hâte cet hôpital.
***
Le journal, les yeux avides de connaissance du gamin, l’angoisse, le regard horrifié et peiné du petit garçon, le dégoût de soi et … Non ! Déconnexion. Ses paupières étaient toujours fermées mais il était réveillé. Il essayait de reprendre une respiration normale tout en essayant de comprendre pourquoi il n’arrivait pas aller plus loin dans son rêve.
- Dean ? Ca va ?
Tiens, le poseur de questions était de retour ! Il ouvrit les yeux et le découvrit sans réelle surprise, assis sur une chaise, près du lit. Il préféra le rassurer tout de suite :
- Ca va plutôt bien, articula-t-il d’une voix rauque. Je n’ai même plus mal au crâne. J’ai l’impression de planer, c’est trop cool !
Il devait avoir une attitude niaise car l’homme en face de lui réprima un fou rire. Il ressentit un bien fou à le voir abandonner son visage anxieux et triste pour afficher ce sourire moqueur. Quelque chose dans le regard de cet inconnu lui procurait un grand réconfort. Il savait qu’il le connaissait et qu’il l’appréciait. Ce n’était pas de l’amour au sens intime du terme mais il y avait malgré tout un lien fort entre eux. Et au-delà de ces intuitions, il le sentait digne de confiance. Quelle relation pouvait-il bien avoir avec ce mec aux yeux de chien battu qui le dévisageait sans cesse. Il voulu s’en assurer et se décida à lui poser la question.
- Est-ce qu’on est … ensemble ?
- Oui … Non ! S’exclama-t-il alors qu’il venait visiblement de comprendre le mot « ensemble ». On est frère, Dean ! Lui lança-t-il comme si c’était évident, un voile obscure ternissant de nouveau son visage.
- Oh ! Se contenta-t-il de répondre tout en essayant de se rappeler.
Dans un sens, c’était plutôt logique. Bien qu’il n’ait aucun souvenir, il avait l’impression de le connaître depuis toujours et ça correspondait tout à fait au sentiment qu’il essayait de définir précédemment : c’était évidemment de l’amour fraternel. Il s’aperçut de la déception qu’essayait de camoufler son frère derrière son timide sourire. A cet instant, il aurait tout donné pour se souvenir et pouvoir le rassurer mais malheureusement ce n’était pas possible dans l’état actuel des choses. Il décida donc de récolter un maximum d’informations pour remédier à ce problème rapidement.
- Et c’est toi l’aîné ?!
- Ben dans la mesure où tu estimes que l’aîné a toujours raison, j’te dirais bien « oui », fit-il avec une moue faussement indécise. Mais j’suis pas sûr que ça t’aiderait à retrouver la mémoire alors …
- Tu rigoles ?! Toi, t’es mon p’tit frère ! Mais t’es un putain de géant !
- C’est vrai que tu fais plutôt nabot à côté de moi, se moqua-t-il en réaffichant cet air malicieux qui le caractérisait plutôt bien.
- Ouais ben si tu veux pas qu’j’t’appelle géant vert, tu vas devoir me filer ton prénom l’incroyable Hulk !
- Comment t’expliques que tu te rappelles de Hulk et pas de Jason Bourne ?
- C’est une bonne question. Tu veux bien répondre à la mienne d’abord !
- C’est Sam, l’informa-t-il enfin dans un soupir.
- Merci Sam. Je ne sais pas pourquoi je me souviens de certaines choses et pas d’autres. Et puis d’abord, c’est qui celui-là, Jason Bourne ?
- C’est le personnage principal du film « La mémoire dans la peau » et il est amnésique. Si j’en ai parlé c’est parce que tu as l’habitude de faire des références aux films et aux séries que tu vois à la télé.
- Ah, OK ! Ben, j’m’en souviens pas de celui-là, alors. Mais je vois bien qui est l’incroyable Hulk par contre ! Se réjouit-il à l’idée que tout n’était pas perdu.
- Tu te souviens de quoi d’autre ? Lui demanda son « p’tit grand frère », les yeux pleins d’espérance.
- De ma vie, autant dire : rien … Je suis désolé, jugea-t-il bon d’ajouter devant l’anéantissement qu’il venait de provoquer en quelque mots.
Il était très aisé de voir que les espoirs de Sam venaient de s’envoler en fumée. Et pour appuyer ce constat, ses yeux de chien battus avaient fait leur grand retour. Un profond mal-être naquit en lui et il savait que ce n’était pas la première fois qu’il avait cette impression, ce sentiment d’intense culpabilité. Avait-il l’habitude de faire souffrir son frère ? Et pourquoi Sam était-il la seule personne à venir lui rendre visite ? Les autres avaient-ils fui devant son insupportable caractère ? Il brisa le silence pesant qui venait de s’installer :
- Dis Sam, réponds-moi franchement : Est-ce que je suis un sale con ?
- Quoi ? Mais pourquoi tu me demandes ça ? S’enquit son frère, les yeux écarquillés.
- Génial, j’suis tombé sur le seul mec qui répond à mes questions en en posant deux autres ! S’énerva-t-il sans le vouloir. C’est simple je trouve : je suis un con, oui ou non ?!
- Non, Dean. C’est vrai que tu peux être chiant parfois mais t’es surtout quelqu’un de bien. Et … J’devrais pas dire ça parce que je sais que tu te feras une joie de t’en servir contre moi à l’avenir mais … t’es un grand frère génial, j’t’assure.
- Vraiment ? Demanda-t-il plus que sceptique. Parce qu’à part toi, personne ne se bouscule à la porte de ma chambre pour avoir de mes nouvelles.
A ces mots, il vit son frère devenir blanc. Sa bouche resta ouverte comme s’il allait lui répondre mais aucune parole n’arrivait à en sortir.
- T’as décidé de faire de la pub pour la lessive ou quoi ? Si tu te mets dans cet état à chaque fois que je te pose une question, on est mal barré. Bah, écoute, laisse tomber ! C’est pas grave si tu n’as pas envie de me répondre. Je comprends, ça doit être lourd d’avoir un frangin qui passe son temps à poser des questions …
- C’est pas ça, le coupa-t-il. Apparemment, il avait retrouvé l’usage de ses cordes vocales. C’est juste que … c’est pas facile à dire … si je suis ton seul visiteur c’est parce que … il soupira … Il n’y a plus que nous deux.

Lydean- Tube de colle de Sam

-

Nombre de messages: 138
Age: 36
Prénom: Lydie
Frère Préféré: Dean ... et Sam aussi !
Date d'inscription: 31/07/2010
Page 2 sur 5 •
1, 2, 3, 4, 5 
Sujets similaires» Fanfics sur Supernatural
» Mes fanfics Buffy
» Les fanfics de Lydean
» Fanfics Heiji x Kazuha et autres de Kazu
» Prison Break Fanfics Exchange 2
» Mes fanfics Buffy
» Les fanfics de Lydean
» Fanfics Heiji x Kazuha et autres de Kazu
» Prison Break Fanfics Exchange 2
Page 2 sur 5
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum





