
Voilà le premier chapitre^^
Etat du Maine, Nord Est des Etats-UnisUne vieille dame buvait son thé, assise sur la balancelle de son porche. Elle chantonnait un air d’opéra en regardant sa petite fille jouer. En face d’elle, l’océan. L’océan et le couché du soleil. Pourtant, depuis plusieurs semaines maintenant, Dorin McKay n’appréciait plus aucune des douces joies qui s’offraient de temps en temps à son regard.
Elle avait souvent des moments d’absences, qui la faisaient perdre connaissance du monde qui l’entourait pour la plonger dans les ténèbres, parmi les démons et autres créatures innommables…
Elle n’avait jamais expliqué cette situation à sa famille…elle ne leur avait jamais dit qu’elle était médium et qu’il lui arrivait de faire des voyages de courte durée dans le monde souterrain. Mais maintenant, tout était différent…ce qu’elle avait entendu en bas était bien trop effrayant pour être passé sous silence…
C’est à cet instant que sa tasse lui échappa des mains. Elle fut alors prise de bouffées de chaleur et posa une main sur son front brûlant. Ca recommençait. Des cris, des visions de tortures, des visions d’horreur…
Lorsqu’elle ouvrit à nouveau les yeux, la tasse se brisa sur le vieux sol de bois.
Sa petite fille accourut alors vers elle et demanda, paniquée :
-Ca va grand-mère ?
Dorin avait l’impression étrange de ne plus pouvoir parler. Elle ouvrit cependant la bouche et dans le souffle épuisé de sa grand-mère la petite Maddie entendit :
-La guerre…Sam Winchester.
Ce court voyage en enfer, Dorin McKay n’avait pas été la seule à le faire. Au même instant, tous les médiums de la planète s’étaient retrouvés parmi les flammes à se boucher les oreilles sous l’assaut des hurlements…ces mêmes hurlements, qui désignaient le cadet des Winchester comme leur futur chef.
Le monde d’en bas se réveillait…et le monde d’en haut commençait sérieusement à trembler.
Washington DCDean bascula en arrière pour éviter la hache du fantôme. Elle passa si près de son nez qu’il préféra se jeter à terre. Sam, inconscient, était allongé sur le sol.
-SAM ! hurla Dean pour s’assurer que son cadet n’avait rien.
Ce dernier poussa un léger gémissement. Son bras était blessé.
Dean se précipita alors vers son petit frère et lui prit son arme, chargée de sel. Il leva ensuite le pistolet et s’exclama en pointant l’esprit :
-Fils de P***
Celui-ci disparût dans un nuage de fumé, tandis que Dean aidait son frère à se lever.
-Tu vas bien ?! demanda-t-il.
-Ouais ! Il est vraiment en colère celui-là ! constata le jeune homme en grimaçant à la vue de son bras écorché.
En rechargeant l’arme, Dean s’exclama :
-Si tu savais ce que j’en ai à foutre qu’il soit en colère !Je vais l’expédier en bas cet enfoiré !
-Fais quand même attention !
Dean esquissa alors un très léger sourire.
-N’oublie pas que je suis immortel Sammy !
-Rho arrête avec ça ! supplia-t-il en levant les yeux au ciel.
C’est à cet instant que l’esprit apparût de nouveau derrière Dean. Sam lui prit alors l’arme des mains et tira sur le fantôme qui s’éclipsa.
-Wow ! s’exclama l’aîné. Je l’avais pas vu venir sur ce coup !
-Faut dire que t’es tellement prudent depuis que tu sais que tu peux pas mourir avant l’échéance du pacte ! ironisa son frère.
Dean lui lança un regard faussement vexé et dit :
-Trêve de bavardage ! T’as la potion de ton démon ?!
En lui tendant la fiole, Sam rectifia :
-C’est pas mon démon !
-C’est pas le mien non plus ! assura Dean en sentant la substance avant de grimacer.
Le cadet des Winchester n’eut pas le temps de répliquer. L’esprit vengeur venait de réapparaître. Et alors qu’il tendait sa hache, Dean lui lança la potion verdâtre au visage. Après avoir pousser un énorme cri, le fantôme se décomposa sous leur yeux, jusqu’à atteindre l’aspect d’une simple flaque d’ectoplasme.
Les deux jeunes hommes s’approchèrent et l’aîné regarda tour à tour la fiole vide et la flaque noire en disant.
-C’est efficace ! Dégueulasse mais efficace !
Sam grimaça également, mais il fallait bien l’admettre, cette potion que leur avait donné Ruby relevait du génie !
New York. Une jeune femme rousse pénétra dans l’un des plus grands immeubles de la ville. Des lunettes de soleil sur le nez, elle affichait sur ces lèvres un sourire confiant. Une fois à l’accueil elle enleva ses lunettes et demanda :
« Bureau de Gabriel Sanchez je vous prie. »
-Vous avez pris rendez-vous ? s’informa le secrétaire.
-Je n’en ai nullement besoin ! s’indigna-t-elle. Je travaille pour lui !
-Comme la moitié de la ville mademoiselle ! sourit le jeune homme.
A ces mots une moue renfrognée s’afficha sur son visage. Elle détestait qu’on lui refuse quelque chose.
-Vous voulez autre chose ?demanda le secrétaire, impatient de passer à la personne suivante.
Elle sourit amèrement et dit :
-Non. Ca ira…merci.
Là, elle recula d’un pas pour dégager la queue qui était derrière elle. Elle leva ensuite les yeux vers le grand escalier central et décida de se fondre dans la foule pour atteindre le bureau de Monsieur Sanchez.
Au bout d’une heure de recherche dans l’immense gratte ciel elle frappa enfin à la porte de son « patron ».
« Entrez ! » lança-t-il.
C’est ce qu’elle fit. Elle referma la porte derrière elle et se positionna face au milliardaire qui venait de se lever de sa chaise.
« Gabriele Sanchez ? » demanda-t-elle.
-Oui…à qui ai-je l’honneur ?
La jeune femme poussa un léger soupir de soulagement. Elle l’avait enfin trouvé. Sur ce, elle plongea sa main dans sa chevelure rousse et retira ce qui n’était en réalité qu’une perruque. Elle tendit ensuite sa main vers celle du quadragénaire et informa :
« Bela Talbot. »
Il lui serra la main, surpris.
« Nous avions rendez-vous ? » demanda-t-il.
-Non. Répondit-elle aussitôt. Je suis ici pour parler bisness !
-Bisness ? répéta-t-il, incrédule.
-Oui. C’est à propos de notre marché. Je suis venu vous prévenir qu’il ne tient plus…J’ai…d’autres clients sur le coup. Informa Bela en pensant amèrement à Dean et Sam. D’habitude, je ne préviens pas mes clients…mais là, compte tenu du montant de la récompense…
Gabriele Sanchez leva les mains en l’air pour demander à son interlocutrice de le laisser parler.
-Mademoiselle ! De quoi parlez vous ?
Bela fronça les sourcils et répondit :
-Du marché…
-Il n’y a pas de marché ! coupa le milliardaire
-Les reliques, le rituel ! rappela la voleuse. Vous m’avez contacté pour que je vole les reliques !
Il haussa les épaules et affirma :
-Je ne vous connais pas…et je n’aurais jamais engagé une personne pour voler quoi que ce soit. Je suis désolé !
Bela recula d’un pas. Si ce n’était pas lui qui l’avait engagé alors c’était qui ? Elle prit son sac et sa perruque rousse et sortit rapidement de la pièce. En descendant les marches de l’escalier central, des tas d’images traversèrent son esprit. La grotte de Karan, la forêt pleine de loup garou, le musée…tout ces risques pour rien ! Tout ces risques pour qui ?!